vendredi 31 août 2007

Cétacés puffins et Primpéran

Je vais délaisser ce blog pendant une petite semaine pour cause de traversée du Golfe de Gascogne, à la recherche des mammifères et des oiseaux (pardon, des emplumés...) marins.

Ca me fera de la matière pour quelques posts avec, j'espère, l'une ou l'autre photo intéressante.

A la revoyure électronique, donc...

mercredi 29 août 2007

Le divin chauve

Sacré Ibis, va....


Décidément, ça devient génial, ce blog!

Avec Claudine qui (se) pose les (bonnes) questions, qui formule des hypothèses et Guillaume qui fournit les (bonnes) réponses, je n'aurai bientôt plus rien à faire....

Merci à vous deux : continuez à enrichir mes messages de vos commentaires.

C'est bien la photo d'un Ibis chauve qui apparaissait dans un post précédent. Geronticus emerita : c'est ainsi que les ornitaxodermistes ont nommé ce vieillard émérite (traduction libre).
Nul n'ignore que cette espèce d'emplumé appartient à l'illustre famille des THRESKIORNITHIDAE.

C'est en tout cas une espèce mythique, dans la mesure où notre divin chauve représente l'espèce la plus menacée du Paléarctique occidental (c'est, grosso modo, la partie du globe délimitée par les Monts Oural à l'est, le Sahara au sud et l'Atlantique à l'Ouest).

A l'état sauvage, il semble ne plus subsister qu' au Maroc dans le parc national du Souss Massa non loin d'Agadir. Il resterait environ 200 à 300 individus. Récemment, une petite population a été découverte en Syrie : quelques ibis ont été "équipés" d'une balise qui permet de suivre leur voie de migration. Je me demande ce qu'ils en pensent...

L'espèce existait en Turquie et en Algérie mais il semble que ces souches se soient éteintes récemment, du moins à l'état sauvage.

Notre chauve se reproduit assez bien en captivité : il existe d'ailleurs actuellement plus d'individus dans les zoos et les parcs ornithologiques qu'à l'état sauvage.

Un programme de (ré)introduction d'oiseaux nés en captivité est en cours en Autriche (où il vivait il y a plusieurs siècles - enfin, c'est ce qu'on prétend...) et dans le sud de l'Espagne.

Pour tenter de répondre à l'interrogation de Claudine, je ne crois pas que l'oiseau présenté sur la photo soit aveugle. J'ai plutôt l'impression que le photographe l'a surpris au moment où sa troisième paupière (nictitante - c'est dur, aujourd'hui !...) recouvrait l'oeil. Bon, c'est juste une hypothèse.
Comme les chats, les oiseaux possèdent trois paupières (c'est à peu près la seule chose qu'ils ont en commun).

Je crois qu'on reparlera de ce sacré Ibis : je laisse l'Ibis sacré ("de Bretagne") à Guillaume.

Quant à l'Avocette hideuse, j'ai bien tenté de la photographier lors de mon dernier périple au Kirghizistan oriental mais un malencontreux "bougé" a in extremis gâché la qualité de ce document qui aurait pu être exceptionnel.

samedi 25 août 2007

Les nids d'hirondelles, c'est pas chinois...

Pour changer un peu de ton, voici une annonce d'activité à ne pas manquer si vous n'habitez pas trop loin du Brabant wallon.

Ce samedi 1er septembre, le Groupe de Travail « Hirondelles » d’Aves-Natagora organise une séance de baguage publique à Louvain-la-Neuve.
A l’aide de grands filets, des collaborateurs de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique captureront des hirondelles de fenêtre pour les munir d’une petite bague métallique. Bien entendu, tous les oiseaux bagués seront ensuite immédiatement relâchés.

Renseignements pratiques :

Rendez-vous ce samedi 1er septembre 2007, de 19h00 à la tombée du jour, sur la Grand-Place de Louvain-la-Neuve (en cas de pluie le samedi, cette manifestation est automatiquement reportée au dimanche 2 septembre, même heure, même lieu).

Contact : 0472 98 04 64 - hirondelles@aves.be - www.aves.be/hirondelles

mardi 21 août 2007

Les LONGIPATTES

Chroniques des emplumés (suite)




Les ornithophiles un tantinet avancés et les ornithologues débutants savent bien que les limicoles constituent un des groupes d'emplumés les plus ardus à identifier.


Comme si cela ne suffisait pas, les taxidermistes (pardon, les taxonomistes) distinguent (au moins) deux familles répondant aux doux noms de Charadriidés et de Scolopacidés.



C'est pourquoi, dans le souci de vulgarisation qui m'anime et qui m'habite, à l'instar des entomologistes et entomophiles qui, devant un insecte portant une belle paire de longues antennes, n'hésitent pas à le baptiser "longicorne", je propose de ne plus parler de limicoles mais, plus simplement, de "longipattes".

Parmi les longipattes, une des espèces les plus élégantes est précisément l'avocette.

L'Avocette élégante. Recurvirostra avosetta en latin de bas étage et d'arrière-cuisine : c'est le nom scientifique dont les ornithotaxodermistes ont affublé ce magnifique animal. Ce qui signifie approximativement qu'il a le bec recourbé, ce qui n'est d'ailleurs pas faux.

Mais pourquoi Avocette élégante en français d'arrière-boutique? En effet, pourquoi ne pas dire simplement "avocette"? Ou "élégante"?

Parce que, nous répondront les puristes, l'espèce est toujours désignée par deux mots, même en français approximatif...Même si, dans le cas présent, il n'y a aucune chance de rencontrer, à des milliers de kilomètres à la ronde, une autre espèce d'avocette.

C'est simplement pour la distinguer de l'Avocette hideuse, espèce endémique du Kirghizistan oriental...

Ceci dit, c'est vrai que c'est un longipatte élégant, notre avocette, comme le prouvent les photos que voici, qui vous les montrent en pleine nidification dans le Parc du Marquenterre en Baie de Somme.




La compagnie des mouettes n'est pas pour leur déplaire.


Alors : Charadriidés ou Longipattes?

mercredi 15 août 2007

Chroniques des emplumés.


Si vous lisez mon blog, c'est que vous appartenez peu ou prou à la catégorie des naturalistes (que nous ne confondrons bien sûr pas avec les naturistes, quoiqu'il n'y ait nulle incompatibilité).

Au sein de la vaste confrérie des naturalistes, il est une sous-catégorie qui se distingue par son nombre et son enthousiasme : je veux bien sûr parler des ornithos.

C'est bien simple : dans notre beau pays (la Belgique, à l'attention des improbables hexagonaux qui se seraient égarés), il y a pratiquement plus d'ornithos au mètre carré que d'oiseaux. Peut-être exagéré-je, mais à peine....

Si, en apercevant un pigeon ramier, vous avez tendance à vous écrier : "non seulement t'as de beaux yeux, mais tu roucoules cool, Raoul", vous appartenez à la sous-sous catégorie des ornithophiles.

Par contre, si l'observation du même volatile vous inspire des commentaires du style "Columba palumbus subadulte en passage migratoire direction SSE - sous-variété sub-armoricaine", vous êtes plus que probablement un ornithologue.

En général, ce qui manque à l'ornithophile pour devenir un ornithologue, c'est un minimum de connaissance en taxonomie.
Qu'est-ce que c'est que cette chose étrange?
( C'est plus fort que moi, mais ce mot me fait penser au taxidermiste, ce professionnel qui empaille tout ce qu'on lui apporte après un séjour plus ou moins long au congélateur. Ah! ces petits métiers qui enorgueillissent nos campagnes... ).

Revenons à la taxonomie. C'est cette discipline qui permet au savant de nommer, de classifier les bestioles et autres êtres vivants en espèces, genres, ordres, familles, sous-espèces, variétés, etc, etc.....Bref en taxons, quoi, auxquels on attribue de jolis noms en latin d'arrière-cuisine, qu'on traduit ensuite en français approximatif.

Cela décourage nécessairement l'ornithophile le mieux intentionné.

C'est pourquoi, je vais ici me livrer à une tentative de simplification radicale de la taxonomie avienne dans l'unique but de rendre accessible cette discipline aride aux milliers de lecteurs qui ont fait de ce blog leur livre de chevet.

Pour commencer, osons nous poser les bonnes questions : qu'est-ce qu'un OISEAU ? C'est assez simple, c'est un animal dont le corps est recouvert de plumes. Si vous lisez ce blog et que vous avez le corps recouvert de plumes, vous savez ce qui vous reste à faire.

Notre première mesure de simplification de la taxonomie avienne consistera donc à ne plus parler d'oiseaux mais d'emplumés - ce qui , vous l'avouerez, est beaucoup plus évocateur.

D'où le titre de cette chronique, qui inaugure une série de leçons dont l'ambition n'est autre que de mettre à la portée de tous une science qui était jusqu'ici l'apanage d'un nombre restreint d'ornithologues élitistes.

vendredi 10 août 2007

L'Armor, toujours l'Armor...

Je vais, à regret, terminer le récit de mes pérégrinations armoricaines en vous présentant quelques souvenirs visuels d'une excursion vers la Pointe de Plouha, haute de 104 mètres.

La promenade commence près de la plage du Palus, où des crêperies vous proposent ...devinez quoi?




A droite du dernier restaurant, il s'agit d'escalader un nombre considérable de marches d'escalier pour gravir la falaise et regagner notre sentier de douanier préféré (ah! ce GR 34....). Chemin faisant parmi les fougères et les ajoncs, on parvient à un point de vue d'où l'on embrasse, outre la Pointe de Plouha susmentionnée (ça fait un peu mal...), la Baie de Saint-Brieuc et même, au loin, Bréhat .





Un banc judicieusement disposé vous permet de reposer vos membres endoloris.


Mais il est déjà temps de reprendre notre courage à deux mains et notre GR de l'autre.

Nous éloignant un peu de la côte, notre promenade se poursuit par la traversée de bourgs aux consonances bien bretonnantes : Kertanguy (peuplé d'étudiants attardés?), Kerlatoux (berceau probable de la pastille Pulmoll), Kerouziel...Jusqu'à notre escalier initial que nous dévalons salués par le chant du Bruant jaune.

Je ne voudrais pas terminer cette saga armoricaine sans rendre un dernier hommage à deux corporations sans lesquelles le patrimoine breton ne serait pas ce qu'il est. Je veux bien sûr parler des mytiliculteurs (voir message précédent) et des douaniers.

Car sans douaniers il n'y aurait jamais eu ce sentier de douaniers offrant à chaque pas ces vues inoubliables sur la mer rocheuse bordée d'une côte d'émeraude (c'est l'inverse : c'est l'émotion).


Le grand Rimbaud lui-même a consacré un texte aux Douaniers (qu'il appelle "les Soldats des Traités").


En voici quelques vers :


"Quand l'ombre bave aux bois comme un mufle de vache,
Ils s'en vont, amenant leurs dogues à l'attache,
Exercer nuitamment leurs terribles gaîtés !
..............

Quand sa sérénité s'approche des jeunesses,
Le Douanier se tient aux appas contrôlés !
Enfer aux Délinquants que sa paume a frôlés ! "


lundi 6 août 2007

Suite armoricaine


Retour en Bretagne , si vous le voulez bien, pour une balade qui a son point de départ dans le petit port de Dahouët.

La première partie de la randonnée offre des points de vue inoubliables sur la Baie de Saint-Brieuc, du haut des falaises parcourues le long du sentier de douaniers.





Les plages sont bien gardées :

(Goéland marin)

Le sentier aboutit enfin à Jospinet (non, il ne s'agit pas d'une allusion diminutive à quelqu'ancien premier ministre).

Les habitants de ce bourg s'adonnent à marée basse à leurs occupations mytilicoles. C'est dire que, chaque jour que Dieu fait, ces pauvres gens sont littéralement à moule.















Après avoir ainsi assisté aux activités de ces ardents mytiliculteurs, il nous reste à regagner notre point de départ par une promenade encore longue par des chemins de campagne.



Ambiance différente : la mytiliculture cède le terrain à l'agriculture et ses élevages concentrationnaires de mammifères terrestres. On en vient à regretter les bouchots.

jeudi 2 août 2007

Les fenêtres de Braine

Cette année a eu lieu à l'initiative d'Aves un premier recensement des colonies d'Hirondelles de fenêtre en Wallonie et à Bruxelles.

J'ai participé à cette initiative, ayant remarqué qu'une petite population de cette espèce menacée subsistait dans les environs de mon habitation. L'opération consistait à identifier les nids occupés entre le 14 et le 22 juillet et rédiger une fiche de description par colonies ainsi qu'un comptage des nids occupés. L'intérêt est évidemment de réaliser un suivi de ces colonies sur plusieurs années afin de voir comment l'espèce se maintient.

Au cours de mon recensement, j'ai repéré 9 nids occupés dans mon quartier .

Il faut rendre hommage aux citoyens qui permettent à cette petite colonie de subsister dans la commune malgré quelques désagréments (fientes) qui peuvent être limités en s'organisant bien.

Cette expérience m'a permis de rencontrer des
gens épatants qui, non seulement, installent des nids artificiels sur leur façade pour aider l'oiseau à nicher mais encore n'hésitent pas à apporter de la boue dans les corniches.

Un des principaux problèmes pour l'hirondelle de fenêtre en ville est de pouvoir se procurer de la boue de bonne qualité pour construire son nid.




Ce genre de nid artificiel n'est pas complet : l'hirondelle doit donc terminer la construction.

Il existe d'autres types de nids.



On constate aussi malheureusement que, même si c'est illégal, d'autres personnes, sans doute mal informées, détruisent les nids (les traces en sont visibles).

Il ne faut pas nier que pour certains habitants les désagréments causés par les hirondelles, surtout en façade avant, peuvent être considérés comme une vraie nuisance.


Voyez par exemple la photo ci-contre.
Vers la fin de la nidification, les jeunes expulsent leurs fientes à l'extérieur du nid, ce qui peut faire chier certaines personnes. Excusez - moi .








D'où l'importance de bien informer les gens pour dédramatiser certaines craintes (la grippe aviaire, par ex., qui n'est pas véhiculée par l'hirondelle de fenêtre).

Il est également important de montrer qu'on peut limiter les désagréments en installant des dispositifs très simples (pose de planchettes) pour recueillir les fientes.

Quelques conseils sur le site d'Aves .

Bref, une action d'information et de sensibilisation me semble prioritaire. Au niveau de ma commune, suite à une intervention de ma part, un article sera consacré à la protection de l'hirondelle de fenêtre dans le prochain journal communal.

Modeste début mais réaction encourageante, qui prouve que n'importe quel citoyen, même à une échelle très localisée, peut jouer un rôle utile.

Naturoblog
Mon biotope...
Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.