dimanche 30 septembre 2007

On se sent moins seul

D'après une étude réalisée par le Fish & Wildlife Service, 48,7 millions d’Américains observent les oiseaux .

Voir commentaires sur le site suivant :

http://www.cyberpresse.ca/article/20070929/CPSOLEIL/70928156/5032/CPACTUALITES


Selon le même article, même si on ne possède pas de chiffres aussi précis, la tendance serait la même au Canada, où on recense une trentaine de "clubs" ornithologiques rien qu'au Québec.

samedi 29 septembre 2007

Mondialisation

L'autre soir, au cours d'une balade à vélo, je fus survolé par un groupe bruyant de 7 oiseaux vert pétant que je n'eus aucun mal à identifier comme des Perruches à collier (Psittacula krameri).
A priori, on peut se dire que cette espèce exotique n'a rien à faire en Brabant wallon. Pour ceux qui l'ignorent, Bruxelles compte une population estimée à quelques 5.000 individus de cette espèce exotique. L'origine remonte aux années septante, quand un parc d'attractions installé sur le plateau du Heysel dut fermer et que le propriétaire n'hésita pas à relâcher ses oiseaux (quelques dizaines de bêtes, semble-t-il) dans la "nature".
Depuis, l'espèce se reproduit de manière énergique. La colonie se regroupe les soirs d'hiver en dortoir dans l'enceinte du siège de l'OTAN. L'espèce est présente dans d'autres villes d'Europe (en Angleterre par exemple) et il existe aussi une petite population en région parisienne.

Elle est peu présente en région wallonne mais je l'observe régulièrement à Braine-l'Alleud, à La Hulpe, à Nivelles.



S'agit-il d'oiseaux qui appartiennent toujours à la colonie bruxelloise et qui se déplacent en journée? Ou s'agit-il d'ébauches de dispersion, la colonie d'origine arrivant à saturation et ayant tendance à créer d'autres colonies périphériques?
Il est quasi certain que les oiseaux de Braine-l'Alleud, par exemple, se regroupent le soir en (pré?)dortoir et ne regagnent pas la capitale.
Se reproduisent-ils ici? Ce serait intéressant d'en avoir la certitude. Pour ceux qui ne connaissent pas la région, Braine n'est qu'à une vingtaine de Kms de Bruxelles.

Tout ceci pose inévitablement la question de l'impact du développement d'une espèce exotique comme celle-là sur les espèces dites indigènes. S'agissant de notre perruche, on pense généralement que cet impact est soit légèrement négatif (concurrence pour les lieux de nidification avec les pics ou les sitelles, par ex.) soit neutre dans le meilleur des cas. A ma connaissance, il n'a jamais été question officiellement de l'éradiquer.

En ce qui concerne d'autres espèces par contre, comme la Bernache du Canada (qui ferait concurrence à l'Oie cendrée, mais surtout commettrait des dégâts aux cultures) ou l'Ibis sacré "de Bretagne", une décision différente est intervenue...
Bref, l'Homo sapiens a désormais la lourde tâche de tenter de gérer les conséquences de ses propres introductions et, le moins qu'on puisse dire, c'est que la question est complexe.
Notons que le problème est loin de se limiter à l'ornithologie : que l'on songe par exemple à l'expansion de la Renouée du Japon dans le domaine végétal.

Quelqu'un a-t-il des informations sur la nidification de la Perruche à collier en dehors de Bruxelles?
D'autres réflexions sur l'attitude à adopter face à ces espèces introduites?

Très vaste sujet : j'y reviendrai sûrement...

lundi 17 septembre 2007

Wight spirit

Sur l'océan, le scénario météorologique a changé par rapport aux journées précédentes.

La mer est beaucoup plus agitée, bien que le soleil reste généreux. Cela ne facilite pas les observations ni ornithologiques, ni mammalogiques.

Brève apparition d'un cétacé : les scientifiques à bord confirmeront le lendemain qu'il s'agissait bien de la baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris).
A part ça, pas grand'chose à se mettre sous la dent. Observation lointaine et surprenante de hérons cendrés en migration (!).
Ca ne peut pas tous les jours être la fête....
Du coup, le soleil et la rareté des observations aidant, la vigilance s'émousse. D'aucuns en profitent pour parfaire leur bronzage (non intégral....il y a du vent); certains (que je ne nommerai pas, fidèle à la règle de confidentialité qui honore ce blog) n'hésitent pas à sombrer dans un sommeil de plomb.
Quelques observateurs parmi les plus assidus signalent de loin en loin un "blow !" qui n'est qu'une invitation passagère à entrouvrir les paupières.

La croisière somnole.....
Le soir, nous prendrons le temps de rédiger la traditionnelle liste des espèces observées (je vous en fais grâce).
Le lendemain matin (J4 de notre excursion), nous nous trouvons déjà dans les zones d'eaux moins profondes. On se rapproche insensiblement des côtes, ce qui se traduit par la présence de plus en plus fréquente du Fou de Bassan.

A bord du vaisseau, se trouve une équipe de volontaires du Biscay Dolphin Research Programme qui assurent un suivi des populations de mammifères marins du Golfe. Ils organisent aussi, dans une des salles de cinéma du ferry, des séances d'information animées de vidéos montrant les espèces rencontrées.
Il y a aussi un travail de sensibilisation du public à la protection des cétacés, qui sont globalement des animaux menacés au niveau mondial.
A titre d'illustration tragique, l'annonce récente de l'extinction du dauphin de rivière (baiji), victime de la pollution du Yangtsé.

Retournons sur le pont : nous nous approchons d'une grande île que nous allons contourner.


Petit moment de nostalgie pour les gens de ma génération : il s'agit de l'île de Wight, célèbre pour son festival où Jimi Hendrix interpréta à sa façon le "God save the Queen".

Portsmouth n'est plus très loin et, après les inévitables formalités de débarquement, nous retrouvons notre voiture au parking du port.
Il ne nous reste "plus" qu'à regagner Douvres puis Calais et faire route vers notre petit pays.

Vous avez compris que cette partie du voyage n'offre qu'un intérêt très relatif et je vais donc en rester là.

J'espère que ce récit vous aura intéressés, vous qui visitez ce naturoblog.

vendredi 14 septembre 2007

Ibères bérets

Petit bilan des cétacés identifiés : Grand dauphin, Dauphin commun, Marsouin commun, Rorqual commun. Les scientifiques à bord du bateau en repéreront bien plus.

Nous avons pu aussi observer le curieux Poisson-lune, le "Ocean Sunfish " des anglais (ils font décidément toujours le contraire de nous).

Après une courte nuit animée de rêves baleiniers, nous arrivons, sous un ciel franchement maussade, à Bilbao où nous faisons escale pendant environ 5 heures.

Notre guide nous propose une excursion sur la colline Santurzi, non loin du port, où nous attendent des observations ornithologiques intéressantes en cette période de migration.
Il faut les mériter, car cela grimpe sec pour atteindre et gravir ce sommet. Fort heureusement, le temps s'améliore et nous terminerons la balade sous le soleil.

L'endroit est caractérisé par des pâtures maigres entrecoupées de potagers, de haies vives et de bosquets. Les oiseaux abondent, tant en nombre qu'en diversité.


La Pie-grièche écorcheur est hyper-abondante (principalement des individus juvéniles).


Belles observations aussi du Bruant zizi (c'était seulement ma deuxième rencontre avec l'espèce).

Photo plutôt médiocre d'un bruant ébouriffé, mais beau souvenir quand même.


Voici un aperçu des principales autres espèces contactées :

  • Faucon hobereau
  • Pipit des arbres
  • Bouscarle de Cetti (dans un habitat très différent d'Harchies)
  • Tarier des prés
  • Tarier pâtre
  • Fauvette des Jardins
  • Serin cini (abondant)
  • Gobemouche gris
  • Fauvette mélanocéphale (entendue)
  • Fauvette grisette
  • Hypolaïs polyglotte
  • Pouillot fitis
  • Rousserolle effarvatte
  • Traquet motteux
  • Torcol fourmilier ! (ma première observation, je l'avoue)

En descendant vers le port, splendide observation d'un groupe de 8 Vautours fauves qui s'élèvent puis disparaissent dans les nuages.

Nous regagnons le "Pride of Bilbao" qui nous attend pour le retour vers Portsmouth.

mercredi 12 septembre 2007

La croisière s'amuse 2

Récapitulons : nous naviguons toujours sur le ferry "Pride of Bilbao" et sous nos pieds s'ouvre un précipice marin de plus de 4000 mètres.


S'approchant de plus en plus près du navire (à moins que ce ne soit l'inverse), jaillissent des souffles colossaux expirés par les mammifères des grands fonds. Ces "blows" atteignent 7 à 8 mètres et restent longtemps en suspension après qu'ils aient été émis.

L'excitation gagne l'ensemble des bipèdes qui peuplent le pont.

Les souffles se multiplient : on en voit jusqu'à 5 émis ensemble par un groupe de baleines.


Soudain, dans un vacarme, un animal saute en soufflant à quelques mètres du bateau. Le spectacle est prodigieux !

Tout le monde retient son souffle, sauf le rorqual. Car c'est bien lui : le Rorqual commun, plus de 20 mètres de long, la plus grande baleine après la Baleine bleue.


Visiblement désireux de faire connaissance, le rorqual restera un long moment très près du bateau.

L'observation prolongée et rapprochée d'un deuxième Rorqual commun nous sera encore offerte, grosse cerise sur ce gâteau atlantique.

Moment fort de la traversée que cette communion avec ces adorables monstres marins. Sensation difficile à décrire. On n'ose pas imaginer qu'ils pourraient disparaître.

Le reste de l'après-midi se passera dans la contemplation d'une mer étale parsemée de souffles en suspension.




Nous voguons vers Bilbao, capitale du béret basque.

lundi 10 septembre 2007

La croisière s'amuse

J2 de notre mini-transatlantique.

Après une nuit bercée par une houle molle suivie d'un respectable et roboratif breakfast , il est temps de gagner le pont du ferry, équipés de nos instruments d'optique les plus sophistiqués.
Les choses sérieuses ne devraient plus tarder.
Nous avons quitté la Grande-Bretagne pour nous rapprocher de l'autre, certes moins grande mais néanmoins chargée de souvenirs estivaux et mytilicoles.

Déjà les fous sont parmi nous. Non, notre "Pride of Bilbao" n'est pas une réplique de la nef des fous : je veux bien sûr parler des Fous de Bassan, que nous observons par centaines.




Le Fulmar boréal (encore lui!) est également bien présent.


Observations fort intéressantes mais dont ne sauraient se contenter les centaines de passagers venus faire la "croisière des baleines".

Tout le monde ne le sait pas, mais le Golfe de Gascogne est l'un des endroits au monde où il est possible d'observer le plus grand nombre d'espèces différentes de cétacés.


Les gigantesques mammifères marins apprécient les grands fonds riches en plancton. Dans la partie sud du Golfe, le plateau continental descend brutalement jusqu'à plus de 4000 mètres de profondeur : merveilleux pour les rorquals (ne conviendrait-il pas d'écrire "rorquaux"? passez-moi mon Robert) et autres cachalots.
Pour l'heure, nous avons à peine dépassé Ouessant (paradis des "cocheurs") et le spectacle d'une mer calme et monotone n'inspire nulle extase.

Mais voici que tout s'agite : entourant notre nef, nageant et sautant frénétiquement, un groupe important de dauphins communs nous sort de la torpeur où nous risquions de sombrer. Il y a des adultes et des jeunes, plusieurs dizaines, c'est hallucinant. C'est la folie chez les homo sapiens présents sur le pont. Les fous ne sont pas ceux qu'on croyait.


Impossible d'évaluer combien de temps a duré ce spectacle, tant l'émotion et la communion furent fortes. Plusieurs minutes, assurément....

A présent, le calme est revenu : chacun reprend son souffle et commente cette apparition à la fois attendue et stupéfiante. Ces animaux étaient presqu'à portée de la main (façon de parler : on n'est pas dans un delphnarium et on n'imagine même plus, après cette scène, que de tels endroits puissent exister).

La croisière se poursuit, nous permettant d'apercervoir pas mal d'oiseaux pélagiques (ça n'a rien à voir avec leur pelage : consultez Robert) : Océanite tempête, Labbe parasite, Grand labbe, Puffin des Baléares. Il s'agit souvent d'observations assez lointaines.


Nous sommes en milieu d'après-midi et nous approchons des zones abyssales.


Soudain, quelque chose se passe. Blow !!!!

samedi 8 septembre 2007

Oare you?

Comme promis, je vais à présent vous narrer les observations que j'ai pu réaliser lors de la récente traversée du Golfe de Gascogne.

Tout d'abord, l'itinéraire. Départ vers Calais en voiture dimanche au petit matin pour une première traversée de la Manche vers Douvres.



Cette traversée, qui dure environ une heure et demie, n'est pas sans intérêt puisqu'on peut déjà y observer plusieurs espèces d'oiseaux de mer ou du littoral : Macreuse noire, Labbe à longue queue, Goéland marin,...


Mais voici déjà Douvres et ses célèbres falaises blanches.

Nous récupérons la voiture et, comme le ferry ne part qu'à 21 heures 30 de Portsmouth, le reste de la journée sera consacré à la visite de deux réserves naturelles anglaises.

La première, celles des Oare Marshes (marais de Oare) , est un site Ramsar situé le long de l'estuaire de la rivière Swale, au sud de l'embouchure de la Tamise. Il s'agit de marais côtiers, sortes de polders ressemblant un peu au Zwin.

Ce qui frappe en premier lieu, c'est l'étonnante densité de bipèdes équipés de longues-vues qui arpentent la réserve. Preuve que les anglais possèdent bien plus que nous la fibre naturaliste. Preuve aussi de l'intérêt de ce site, comme l'atteste le nombre d'espèces intéressantes contactées :


  • Grèbe castagneux

  • Grand cormoran

  • Aigrette garzette

  • Oie cendrée

  • Tadorne de Belon

  • Canard souchet

  • Sarcelle d'hiver

  • Fuligule morillon

  • Busard des roseaux

  • Grand gravelot

  • Pluvier doré

  • Vanneau huppé (très nombreux)

  • Bécasseau variable

  • Bécasseau cocorli (splendide observation à faible distance de ce grand migrateur qui nidifie en Sibérie arctique)

  • Chevalier gambette

  • Barge à queue noire (probablement plusieurs centaines)

  • Chevalier aboyeur

  • Bécassine des marais (observation de proximité)

  • Combattant varié (zone blanche autour de la base du bec)

  • Hirondelle de rivage

  • Bergeronnette printanière "flavissima"

  • Panure à moustache (entendue dans les roselières - mais n'a pas daigné se montrer)

  • Chardonneret élégant (se régale des graines des nombreux chardons)

  • Bruant des roseaux


Ajoutez à cela que les oiseaux sont souvent observés à faible distance et que la réserve possède un observatoire très bien situé et vous devinerez qu'après une telle visite on est définitivement "Oare".

Il ne nous reste qu'à regagner Portsmouth via le ring de Londres très fréquenté.


Une dernière halte en fin d'après-midi dans la réserve de Farlington, près de Portsmouth. Ici aussi, il s'agit essentiellement d'une zone de marais. Nous y avons revu plusieurs espèces observées à Oare avec, en plus, l'Huîtrier pie, l'Avocette élégante ainsi que les Sternes Caugek et pierregarin.


Le voyage ne fait que commencer : demain au réveil, nous serons en pleine mer et une nouvelle vie commence. Nous embarquons sur le "Pride of Bilbao", où un bon repas bien mérité nous attend.



Voici le schéma de la traversée :


Naturoblog
Mon biotope...
Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.