mercredi 31 octobre 2007

Grappes de drupes

Une promenade à la campagne en cette saison nous offre l'occasion de faire connaissance avec de nombreux fruits sauvages. On s'interdira cependant la plupart du temps d'y goûter, car rares sont ceux qui sont recommandables pour l'alimentation humaine.

Commençons par la Bryone dioïque Bryonia dioica. C'est notre seule espèce sauvage appartenant à la famille (très à l'honneur en ce moment) des Cucurbitacées. Du moins en ce qui concerne la Belgique et le Nord de la France.


Le fruit est une jolie petite baie rouge à maturité.


Un peu plus loin, voici les drupes du Cornouiller sanguin Cornus sanguinea. La drupe est un fruit charnu à noyau, tandis que la baie renferme des pépins.

On voit parfaitement sur la photo pourquoi il est appelé Cornouiller sanguin : non pas à cause de son tempérament colérique, mais bien de la couleur rouge des jeunes rameaux.

Autres fruits charnus rencontrés en automne : ceux de la Viorne obier Viburnum opulus.

Ces fruits sont toxiques.

D'ailleurs, les oiseaux ne les mangent pas et ils restent sur l'arbuste une grande partie de l'hiver (les fruits, pas les oiseaux !).

Une exception : un oiseau frugivore doté d'un foie à toute épreuve et dont les ornithos espèrent chaque année une invasion. Je veux bien sûr parler du Jaseur boréal.

Ca n'a pas l'air d'être la grande forme pour le fruit peu appétissant de l'aubépine présenté ci-dessus : flétri et attaqué par l'un ou l'autre insecte.

Je reviendrai sur le sujet des fruits sauvages dans un prochain billet.

vendredi 26 octobre 2007

du Brabant, du Canada...

Une fois de plus, ce blog va devoir, à mon corps défendant, sacrifier au goût bien contemporain de l'exotisme.

C'est que, par les temps qui courent, l'honnête naturaliste ne peut plus mettre le nez dehors sans avoir à contempler des espèces, végétales ou animales, que les lois de l'évolution ne prédisposaient nullement à prospérer dans notre bon vieux Paléarctique occidental. Le Père Darwin n'en finit plus de se retourner dans sa tombe.

Nos terres brabançonnes, envahies de tout temps par la soldatesque internationale (remember 1815), n'échappent pas au phénomène. Balsamine de l'Himalaya, Perruche à collier, Ouette d'Egypte, Renouée du Japon, pour ne citer que les plus envahissantes, mercenaires de la mondialisation galopante, croissent en nos contrées au péril parfois des espèces indigènes et probablement de la biodiversité.
Ne voyez pas ici une condamnation de ces belles envahisseuses ni aucune nostalgie pour un état de nature qui serait à jamais figé. L'équilibre dans la nature n'est jamais atteint définitivement et l'histoire de la biosphère (comme de la blogosphère du reste) est jalonnée d'extinctions et d'apparitions d'espèces, parfois très brutales.
Homo sapiens est responsable de ces introductions massives, souvent volontaires. Mais est-il capable de gérer les conséquences de ses initiatives douteuses?
Pas plus tard que récemment, me promenant du côté de la charmante bourgade de Lasne (prononcez "Lenne"), mon attention fut attirée par un troupeau de bestiaux de belle taille qui broutaient nonchalamment dans une prairie humide en bordure de la rivière qui donne son nom à la localité.

"Qu'est-ce que c'est que ça maintenant ?" me susurrai-je en mon for intérieur...

M'approchant, je m'avisai que les volatiles pâturant appartenaient à l'espèce Branta canadensis, la Bernache du Canada. Tabernacle!
Ce palmipède d'origine américaine a été introduit d'abord en Angleterre pour orner certains parcs. C'est beaucoup plus récemment qu'il s'est acclimaté sur le continent où il forme aujourd'hui des populations "férales" (ça veut dire qui parviennent à se reproduire sans l'aide de l'homme).
De plus en plus nombreuse, la Bernache du Canada est aujourd'hui considérée comme une espèce problématique.
Elle est accusée de concurrencer l'espèce européenne Oie cendrée dont elle envahit les territoires. Elle présenterait même un risque d'hybridation avec la Bernache nonnette (à ma connaissance, ce n'est pas prouvé).

En Belgique (et plus particulièrement en Flandre), la Bernache du Canada se compte par milliers d'individus. Selon une étude de la LPO, il y en aurait 5.000 en France.


Depuis deux ans, l'espèce peut être chassée en Wallonie, sans qu'il semble que cela ait des répercussions sur sa démographie. Comme pour le cas de la Perruche à collier, il paraît irréaliste (et sans nul doute cruel) d'envisager une éradication.

Le fait de rendre l'animal chassable peut tout au plus avoir un effet limitatif sur ses populations.

Pour corser le tout, le deuxième groupe de bernaches rencontré était accompagné d'une oie blanche (oie domestique) qui pâturait de conserve (pas de cassoulet...). Gaffe aux hybridations!

Un dernier regard sur ces belles étrangères qui finiront par obtenir leur naturalisation .

A propos de belle étrangère, lors de la même promenade, je n'ai pu résister au plaisir de photographier une Balsamine de l'Himalaya bien fleurie.


Un doux parfum d'exotisme.

mardi 23 octobre 2007

Les dégâts du bédégar

En ce moment, sur les églantiers sauvages, on trouve les beaux "fruits" que l'on nomme "cynorrhodon".

Le verdier en est friand.



Mais on peut aussi voir des formes plus énigmatiques, chevelues, rougeâtres, presqu'inquiétantes.


Il s'agit d'une galle appelée "bédégar".
Le bédégar est causé par un insecte, une petite mouche faisant partie de la famille des Cynipidés.
L'insecte hiverne à l'état de galle et trouve ainsi à la fois le gîte et le couvert pour la mauvaise saison. Les adultes apparaissent d'avril à juin.
La galle est le résultat de la réaction provoquée par la présence de la larve, la mère ayant introduit l'oeuf dans les tissus végétaux à l'aide de sa "tarière".
Astucieuse, cette stratégie, non?

lundi 22 octobre 2007

Triple buse


En excursionnant dans la campagne du côté de Haut-Ittre, j'eus la chance d'observer trois Buses variables qui tournoyaient dans l'air limpide.


Moment plutôt sympa.
Toujours sur le plan ornithologique, quelques autres espèces intéressantes observées :
  • Grives mauvis
  • Grive litorne
  • Vanneau huppé (traçant plein sud)
  • Pipit farlouse
  • Bruant jaune
  • Bruant des roseaux
  • Pouillot véloce (qui doit être considéré comme hivernant à cet endroit)
  • Corbeau freux
  • etc...
C'est le grand retour des grives.....
Le village de Haut-Ittre possède une jolie petite église, qui comporte une tour centrale, de style roman, datant du 12ème siècle.




La paix des champs


Vieille blessure....

mardi 16 octobre 2007

Salade de saison

Le petit été indien que nous connaissons nous gratifie d'une belle lumière qui favorise nos observations naturalistes.

Notre promenade dans la campagne est aujourd'hui placée sous le signe de la piété champêtre.
Ici, c'est une petite chapelle implantée au carrefour de 4 chemins qui nous invite à célébrer Saint Antoinne de Padoue.



Ni feux ni rond-point en cet endroit paisible.

On imagine que, tout à sa dévotion, le bâtisseur en aura oublié qu'Antoine s'écrit avec un seul "N" (comme Cétoine ).
Mais, au fait, n'avons-nous rien perdu? Notre "Guide ornitho" par exemple?

Saluons plus loin le bonnet de prêtre que nous présente le Fusain d'Europe.


D'Europe aussi, le Verdier, fort abondant à la cîme des arbres en ce moment.


VERDIER et FUSAIN = même combat. Vive l'Europe de la nature, donc.

Parmi les autres espèces observées, citons une belle bande de Goélands bruns tournoyant, un Epervier d'Europe (lui aussi, décidément....), 4 Grands cormorans filant plein sud, quelques Pouillots véloces, plein d'Alouettes des champs, deux Grives draines et leur cri caractéristique et le Busard-Saint-Martin qui ondoie par-dessus les maïs, harcelé par une corneille.
Mais aucun Engoulevent d'Europe, faut pas exagérer....

Et, pour finir : vous reprendrez bien une petite goutte de prunelle?


Pour la route.....

jeudi 11 octobre 2007

Sarcelles d'automne

Les brumes d'octobre ont tendance à uniformiser nos observations : les chats sont gris, mais les mouettes restent rieuses, même si ,depuis peu, elles ont cessé d'être "chocolat".

Question : avez-vous déjà vu une mouette dans un arbre? Réponse : moi non plus.


Le ballet des rieuses

Les sarcelles nous reviennent à l'automne, mais nous les appelons quand même "Sarcelle d'hiver" . C'est le plus petit de nos "canards" (Anatidés).
Un petit nombre se reproduit dans nos régions, mais la plupart nous viennent de Scandinavie ou de Sibérie, fuyant le gel des eaux douces. Elles prennent leurs quartiers d'hiver en Europe occidentale (jusqu'en Espagne) et repartiront au début du printemps.
La comparaison avec la Foulque macroule donne une idée de sa petite taille.

Vues de derrière, malgré la mauvaise qualité de la photo, on distingue la tache jaune clair de chaque côté du croupion.

L'omniprésent Rouge-gorge, dont le chant hésitant et liquide nous réjouit toute l'année. En hiver, ses effectifs sont renforcés par l'arrivée de populations migratrices venues du Nord de l'Europe.

Gallinule poule-d'eau (individu juvénile)

Promesse de ripailles pour le Tarin des aulnes.

lundi 8 octobre 2007

Perles et diadème


Aujourd'hui, notre modeste jardin s'est paré des bijoux de la Castafiore....








jeudi 4 octobre 2007

Que dit l'automne aux arbres? - "Jetez vos diplômes" (Félix Leclerc)

La saison invite à devenir moins bavard...


Est-ce que ça vous gratouille?



Penser aux champs




Belle empoisonneuse...



Perles de prêle



Terre à petotes




Trace d'emplumé


Naturoblog
Mon biotope...
Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.