mercredi 30 janvier 2008

Les rieuses d'Uitkerke

Dernière étape de notre excursion hivernale au littoral : les polders d'Uitkerke.


Cette réserve naturelle est située à Blankenberge. Elle est surtout connue des ornithologues pour être un lieu d'accueil des populations d'oies sauvages fuyant le froid et la neige du grand nord .

Ici, elles passent leurs journées, en troupes importantes, à brouter l'herbe grasse de ces pâturages maritimes.




C'est un spectacle émouvant. Surtout lorsqu'on songe aux lointaines contrées dont elles proviennent.


L'oie la plus abondante lors de notre visite était l'Oie rieuse - Anser albifrons (Kolgans / Greater White-fronted Goose ).


L'Oie rieuse se reproduit dans la toundra, à l'extrême nord-est de la Russie. Elle se reconnaît à la grosse surface blanche qui entoure la base du bec, ainsi qu'à son ventre barré de noir.


La photo ci-dessous présente des Oies rieuses en compagnie d'Oies cendrées - Anser anser (Grauwe Gans / Greylag Goose ).



Troisième espèce présente sur le site, en moins grand nombre semble-t-il cette année : l'Oie à bec court - Anser brachyrhynchus (Kleine Rietgans / Pink-footed Goose).

Les oies à bec court qui hivernent en Flandre occidentale proviennent du Spitzberg. On estime même que toute la population du Spitzberg hiverne dans les polders flamands, d'où l'importance de la protection de cette zone.


Un site à consulter : celui de Georges Deputter, célèbre opticien-ornithologue.


Attention ! On atterrit...




Notons encore la présence de groupes de Bernaches nonnettes - Branta leucopsis.

Le Canard siffleur - Anas penelope (Smient / Eurasian Wigeon ) était particulièrement abondant (plusieurs milliers).

Citons encore quelques autres espèces intéressantes :
  • Courlis cendré (très abondant)
  • Bécasseau variable
  • Canard souchet
  • Sarcelle d'hiver
  • Tadorne de Belon
  • Tarier pâtre (bonne surprise)


samedi 26 janvier 2008

Plongeons dans le Spuikom !

Suite de notre excursion au littoral belge.

Toujours à Ostende, nous avons dirigé nos pas (enfin, avouons-le, nos pneus...) vers le Spuikom, lac artificiel d’environ 80 hectares.


Le Spuikom est accessoirement un endroit connu des adeptes de sports nautiques et où, de surcroît, on élève des huîtres.
En hiver, c'est en tout cas un lieu favorable à l'observation des oiseaux hivernants.


Parmi les espèces intéressantes vues le 12 janvier, citons :
  • Plongeon imbrin - Gavia immer (Ijsduiker / Common Loon) juvénile
  • Harle huppé - Mergus serrator (Middelste Zaagbek / Red-breasted Merganser)

  • Garrot à oeil d'or - Bucephala clangula (Brilduiker / Common Goldeneye) au moins 10

  • Erismature rousse - Oxyura jamaicensis ( Rosse Stekelstaart / Ruddy Duck)
    A propos de cette espèce, précisons qu'il s'agit d'un canard américain introduit en Europe et qui a une fâcheuse tendance, non seulement à étendre sa zone de présence, mais surtout à s'hybrider avec l'Erismature à tête blanche Oxyura leucocephala, rare espèce européenne présente sur un nombre limité de sites en Espagne.

  • Chevalier gambette - Tringa totanus ( Tureluur / Common Redshank)
    Un groupe assez important, accompagné de l'inévitable Tournepierre à collier.

Si vous voulez en savoir plus sur les oiseaux dans la région d'Ostende, je vous conseille la visite du site de Roland François . C'est écrit en néerlandais mais c'est illustré de très bonnes photos (vous y verrez la plupart des espèces évoquées dans ce billet).
Vous y verrez aussi des photos du Goéland bourgmestre (Grote Burgemeester en néerlandais), que les Ostendais appellent familièrement "Jean".

Après le Spuikom, nous nous sommes dirigés vers les polders d'Uitkerke, à la recherche des oies hivernantes.

La visite de cette belle réserve naturelle fera l'objet de mon prochain billet.

Bon week-end.

mardi 22 janvier 2008

Ostende sans bourgmestre

Comme annoncé, voici le récit de la première partie de la sortie ornitho du 12 janvier au littoral belge, guidée par Hugues.


Nous avons commencé la journée à Ostende, du côté du marché aux poissons, à la recherche notamment du Goéland bourgmestre qui y hiverne depuis une bonne dizaine d'années.


Déception : l'oiseau n'était pas présent. Selon un naturaliste autochtone, il n'avait plus été vu à Ostende depuis le 3 janvier.


Il fallut donc se rabattre, en matière de Laridés, sur des espèces plus communes qu'on ne voit quand même pas tous les jours à l'intérieur des terres, comme ce Goéland marin Larus marinus (Grote Mantelmeeuw / Great Black-backed gull).





Voici une belle brochette de Goélands argentés Larus argentatus ( Zilvermeeuw / European Herring Gull) d'âges divers. D'hivers divers devrais-je dire.



Remarquez les pattes roses chez tous les spécimens.




Les deux adultes au centre sont reconnaissables à leur bec jaune orné d'une tache rouge; ils ont la tête blanche striée caractéristique du plumage internuptial.


Les deux individus plus sombres sont des gamins de premier hiver. A l'extrême gauche du portrait de famille, un goéland de troisième (de quatrième ?) hiver.

Voyons cela d'un peu plus près. Il a presque le plumage de l'adulte mais il lui reste quelques traces d'immaturité. L'oeil est clair. Le bec n'arbore pas encore la tache rouge orangé typique de l'âge adulte.





Omniprésent aussi à Ostende, le Tournepierre à collier - Arenaria interpres (Steenloper / Ruddy Turnstone).






Sur la photo ci-dessus, un groupe de tournepierres à quelques mètres d'ornithos en activité, dans une parfaite indifférence mutuelle.

Une Nette rousse Netta rurufina femelle nage dans les bassins.



Nous remontons alors la jetée, apercevant au passage un Harle bièvre - Mergus merganser qui semble épuisé.




Ici aussi, les tournepierres s'affairent.




D'autres limicoles seront observés : Bécasseau sanderling - Calidris alba et Bécasseau violet - Calidris maritima.




Sans oublier un hôte beaucoup plus commun de notre littoral, mais dont l'observation est toujours un vrai plaisir : l'Huîtrier pie - Haematopus ostralegus ( Afrikaanse Zwarte Scholekster / Eurasian Oystercatcher).







Tout cela sous le soleil .... et le regard de Ruddy le Tournepierre .








samedi 19 janvier 2008

Corrections

Voici enfin le moment, attendu par certains, redouté par d'autres, où nous dévoilons les solutions de notre jeu-concours.

Merci à tous ceux qui ont participé et toutes mes félicitations à celles et ceux qui ont trouvé les bonnes réponses.

Première constatation : lors d'une prochaine session, il ne serait pas inutile de créer, comme certains l'ont proposé, une catégorie "nuls" et/ou une catégorie "cancres".

Place aux réponses.



Question 1 - niveau "Débutant"

C'était bien sûr la Gallinule poule-d'eau Gallinula chloropus (Waterhoentje / Common Moorhen).

Il n'y avait pas de piège. Il s'agit d'un individu adulte, photographié d'un peu loin sans doute mais il faut quand même un minimum de difficulté, n'est-ce pas?
Du reste, tout le monde a trouvé, sauf Jean-Loup dont les résultats sont extrêmement décevants et qui devra faire un énorme effort au second semestre s'il veut réussir son année.

J'envisage d'ailleurs de convoquer ses parents.

Quant à Jaime, je me vois dans l'obligation de lui retirer un point car il a copié sur son voisin.
Je sais que la sanction est lourde mais vous comprendrez qu'à ce niveau de compétition je dois me montrer intransigeant.


Question 2 - niveau "Moyen"



Encore un Fuligule, que plusieurs ont reconnu : Fuligule milouinan - Aythya marila (Topper / Greater Scaup).

Une femelle adulte bien reconnaissable à la large tache très blanche entourant la base du bec. Le mâle ressemble un peu au morillon, la huppe en moins et sans le dos noir.
Un canard peu commun, avouons-le, qu'on peut observer le long de nos côtes d'Europe nord-occidentales en hivernage.

A l'état sauvage, je ne l'ai jusqu'à présent vu qu'en Zélande (Nanou a donc pas mal de chance de le rencontrer un jour) car, pour répondre à la question de Wolf, l'individu photographié était présent à l'entrée du Parc du Marquenterre (Baie de Somme) et n'est donc pas sauvage.

Ce n'était pas facile : bravo à ceux qui ont identifié l'espèce.

Question 3 - niveau "Expert"

Curieusement, plusieurs d'entre-vous ont trouvé cette question plus facile que la deuxième. Il est vrai que la difficulté provenait surtout de la position de l'animal, qui tourne ostensiblement le dos à l'appareil.

La couleur brun orangé du plumage a aidé ceux qui ont reconnu le Tadorne casarca - Tadorna ferruginea ( Roode casarca /Ruddy Shelduck ). Mâle adulte.

C'est aussi une espèce plus exotique, qui se reproduit dans le sud de la Russie, en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce, en Mongolie,....
Les individus observés chez nous (Belgique, France, Pays-Bas,...) sont la plupart du temps des échappés de captivité. Le guide ornitho signale toutefois des années où l'espèce fait des invasions vers l'ouest.

Pour ceux qui ont hésité avec l'Ouette d'Egypte :



Bon week-end.

vendredi 18 janvier 2008

Je ramasse les copies !

Demain, solutions des photos-énigmes et proclamation des résultats ....

Les cancres n'ont qu'à bien se tenir.

En attendant, je continue à vous proposer une cure de luminothérapie bien nécessaire avec quelques photos de Marrakech (Voir ci-contre module Flickr).



Bonne nuit...

mardi 15 janvier 2008

Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?

Comme convenu et vu les discussions intéressantes suscitées par la recherche de notre pochard ferrugineux (comme disent nos amis anglais), voici une nouvelle épreuve de recherche de l'oiseau-mystère.

Mais cette fois-ci, la maison "gem-naturoblog" ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire sa nombreuse et savante clientèle : ce n'est pas une , ni deux mais TROIS photos que je propose à votre sagacité que je sais considérable.

Cependant, pour permettre à tout le monde de vraiment jouer quelque soit son niveau (vous avez compris depuis longtemps que ce blog n'est pas destiné aux ornithologues de haut vol, bien que ceux-ci puissent néanmoins continuer à le fréquenter ), chacune des photos correspond à un niveau d'expérience ou de connaissance : débutant, moyen ou expert.

Avant de répondre, je vous demande donc de vous auto-évaluer et de répondre à la question qui correspond à votre niveau. Bien sûr, si vous êtes débutant, vous pouvez tenter d'identifier la photo réservée aux experts - mais le contraire n'est certainement pas recommandable sous peine d'ôter immédiatement tout intérêt au jeu.


Merci de respecter ces consignes : ne m'obligez pas à sévir....

Mais, me direz-vous, quand est-on débutant, moyen ou expert ? Impossible de répondre définitivement avec précision. Si vous identifiez facilement 100 espèce d'oiseaux, vous n'appartenez sûrement pas à la catégorie "débutants" au sens de ce jeu.


Bon, maintenant passons aux photos. Comme lors de la première édition, je vous conseille de ne pas simplement citer l'espèce. Expliquez pourquoi vous pensez à cet oiseau et, si vous le pouvez, tentez de déterminer s'il s'agit d'un adulte, quel est son sexe, son plumage,etc....


PHOTO 1 : niveau "DEBUTANTS"






PHOTO 2 : niveau "MOYENS"



PHOTO 3 : niveau "EXPERTS"


Bon amusement.

dimanche 13 janvier 2008

Fuligule nyroca / Witoogeend / Ferruginous Pochard


Aythya nyroca !

Merci à tous ceux qui ont participé à ce petit divertissement et bravo à ceux qui ont reconnu le Fuligule nyroca mâle adulte caractérisé en effet par son oeil blanc bien visible sur la photo. Le plumage châtain foncé est une autre caractéristique de l'animal. Le bec du mâle est gris foncé à nuance bleutée avec une petite pointe noire sur le bout (onglet).

On voit sur la photo ci-dessus qu'il porte un petit collier noir à la base du cou.
Un très beau canard plongeur qui fait partie du genre Aythya comme les autres fuligules qui nous sont mieux connus (milouin et morillon surtout).
Les fuligules sont notamment reconnaissables à leur calotte bombée qui leur donne une silhouette typique même par faible visibilité.

Le Fuligule nyroca ne niche pas en Europe nord-occidentale : il se reproduit au sud-est du continent et en Asie (Ukraine, Turquie, Delta du Danube, Russie, Kazakhstan, Roumanie, Hongrie,...). Il existe une petite population nicheuse dans le sud de l'Espagne.
En hiver, c'est un hôte très rare en France, Belgique et Suisse (Géroudet en observait quelques individus sur le Lac Léman, mêlés à des Milouins).
Toutes ces données valent pour les populations sauvages car il existe aussi des nyrocas "domestiqués" (dans des parcs) ou échappés de captivité.

J'espère que ce test vous a plu. La question était-elle difficile?
J'aurais pu être plus vache et vous montrer ceci :

Avouez que sans l'iris blanc, c'est déjà un peu plus délicat ....

Je suis conscient que pour les débutants il n'est pas évident de savoir tout simplement qu'il existe une espèce de canard qui s'appelle Fuligule nyroca. C'est pourquoi la prochaine fois j'ai l'intention de proposer deux photos : une pour "débutant" et une autre pour "ornithos plus ou moins confirmés".

Je vous parlerai aussi bientôt de la sortie de ce samedi au littoral belge (sous un soleil radieux !) et, bien sûr, nous poursuivrons nos petites promenades brabançonnes.

A très bientôt, donc.

mercredi 9 janvier 2008

Testons-nous les uns les autres

J'ai envie de vous proposer aujourd'hui et les jours suivants un petit jeu qui consiste simplement à essayer d'identifier l'espèce représentée sur la photo.

Commençons par quelque chose de relativement facile (quoique...).


Alors, quel est cet oiseau (je suis trop bon, je vous mets déjà sur la voie...) ? Essayez de ne pas vous contenter de trouver l'espèce, mais dites pourquoi vous pensez que c'est celle-là.
SURTOUT : ne craignez pas de faire des erreurs...

jeudi 3 janvier 2008

Vacances qu'on part ?

Pour aider à supporter la grisaille actuelle, j'ai placé (voir colonne de gauche ci-contre) un aperçu de quelques photos prises cet été dans les Côtes d'Armor.

J'ai consacré quelques billets à ce séjour armoricain - voir archives de juillet 2007.

Naturoblog
Mon biotope...
Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.