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mardi 15 juin 2010

Promesse?


La Rousserolle turdoïde est devenue une espèce fort rare en Belgique, et particulièrement en région wallonne.

C'est pourquoi je ne résiste pas à l'envie de vous montrer ces quelques photos d'un mâle bien en voix que j'ai pu prendre récemment dans la réserve naturelle des Marionvilles.


Certains observateurs ayant signalé la présence de deux oiseaux, on peut se prendre à espérer une prochaine nidification dans ce coin du Hainaut. Pourquoi pas?

dimanche 23 novembre 2008

Odeghien (suite)

Terminons le récit de notre balade de fin d'automne à Odeghien (commune de Braine-l'Alleud, Brabant wallon, Région wallonne, Royaume de Belgique).

Je constate que mes fidèles lecteurs sont aussi peu mycologues que moi. Voici quand même encore quelques clichés champignonesques, rien que pour le plaisir des yeux....





Quittant le bois, nous voici parvenus au hameau où les habitations ont conservé un sympathique caractère rural .



CAVE CANEM


Au milieu des champs, abritée sous deux tilleuls, apparaît la chapelle dite du "Bon dieu de Giblou".

La fin de la promenade est marquée par l'observation, a priori improbable, d'un groupe d'oiseaux franchement exotiques.



Il s'agit de la célèbre Perruche à collier Psittacula krameri, psitaccidé présent en grand nombre dans l'agglomération bruxelloise où l'espèce forme une colonie de plusieurs milliers d'individus.
Sa présence est régulière à Braine-l'Alleud, ainsi que dans d'autres communes du Brabant wallon (Nivelles, La Hulpe,...). La colonie bruxelloise est donc en train de se disperser vers le sud, signe de sa bonne santé.
Pour rappel, l'origine de cette colonie à Bruxelles est la fermeture d'un zoo dans les années 70 sur le plateau du Heysel. Le propriétaire a cru bon de laisser les oiseaux s'évader dans la nature.
L'espèce, originaire d'Asie, est présente dans la plupart des grandes villes européennes (Londres, Paris,...).

L'individu ci-dessus se laissa observer avec beaucoup de complaisance, jusqu'au moment où il décida d'aller rejoindre ses collègues.

mardi 11 novembre 2008

Saprophytes à qui?

Aujourd'hui, je vous propose une petite balade automnale dans le pittoresque quartier vert d'Odeghien situé sur ma commune de Braine-l'Alleud.



Le sentier nous fait contourner la ferme dite de 'Tout-lui-faut".



Chemin faisant, nous longeons l'orée du Bois de Broctiaux.

Le mélèze, seul conifère indigène dont les aiguilles sont caduques, présente à cette période des reflets dorés bien apaisants.



Qui dit automne dit bien sûr champignons et, bien que je ne sois guère connaisseur, je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques photos car l'univers fongique est réellement fascinant.


Nous rencontrons d'abord un assez grand nombre d'exemplaires au chapeau couleur "lie-de-vin".



Incontestablement, il s'agit d'un champignon à lamelles.

Non, ce n'est pas moi qui l'ai grignoté !

J'ai l'impression qu'il s'agit d'une russule mais j'espère qu'un mycologue digne de ce nom viendra confirmer ou infirmer voire même préciser ce début d'identification.

J'ai personnellement renoncé à m'investir dans la connaissance des champignons, tant cela me paraît complexe...

En ce jour d'armistice, rendons hommage à ce champignon inconnu au chapeau humide et aux lames fourchues. Clitocybe ?


Ceux-ci se blotissent dans la fraîcheur du sous-bois.



Ceux-ci, qui évoquent la forme de coraux, sont des xylaires, j'en suis (presque) sûr.



La suite au prochain billet. Qui nous aidera à mettre un nom sur ces formes mystérieuses ?

mardi 4 mars 2008

Druide nature.03

Après nous être pas mal attardés sur l'histoire locale et les phénomènes géologiques, nous redémarrons d'un bon pas, mûs par la soif de savoir et la perspective de déguster, in fine, d'excellentes crêpes.




C'est à ce moment que nous croisons Daniel et ses amis, beaucoup plus matinaux que nous, comme il sied à de véritables ornithos...




La Sitelle torchepot ne manque jamais de profiter des profondes crevasses de certains arbres pour y installer ses "forges" destinées à extraire l'amande de la noisette dont elle raffole (un seul "l", j'ai vérifié chez Robert).

Au sol, les progrès de la végétation sont bien visibles. La saison n'est pas en reste.


Je vais être un peu vache : qu'est-ce que c'est ?





Dans le prochain billet, je vous montre les fleurs, c'est promis...

L'humidité du lieu favorise l'installation des Carex.






La main caressante d'Emile, qui attire notre attention sur les différences entre la Jonquille et la Jacinthe des bois, pas encore fleurie.


Un coup d'oeil aussi à la belle Euphorbe des bois.

Pendant ce temps, la gent ailée n'est pas en reste.
Concert de mésanges : charbonnière, bleue, nonnette, à longue queue (je sais, ce n'est pas une vraie mésange....).


Nos oiseaux communs sédentaires sont déjà bien en voix : Troglodyte mignon, Pinson des arbres, Sitelle torchepot, Rougegorge familier, première Grive musicienne, encore timide.....



Signalons aussi l'observation d'un vol groupé de 4 Buses variables.
Voici la floraison hâtive du Prunus myrobolan Prunus cerasifera, arbuste naturalisé d'origine asiatique.




Soudain, le groupe des naturalistes du dimanche matin s'arrête comme un seul homme. Jumelles et longues-vues se tendent.....





Qu'ont-ils vu dans cet aulne? Approchons-nous.




Hélas, un méchant contre-jour ne permet pas de vous présenter une très bonne photo.


Trois oiseaux de petite taille, acrobates se délectant des akènes contenus dans les cônes de l'Aulne glutineux.

Ce sont bien sûr des Tarins des aulnes, que nous avons pu observer tout à loisir, d'autant plus que ces grâcieux passereaux quitteront bientôt nos régions pour regagner les forêts du nord et de l'est de l'Europe.


Après cette agréable rencontre, nous regagnons Fauquez en longeant le canal Bruxelles-Charleroi, en passant à proximité du site de l'ancien château des marquis de Fauquez, dont il ne reste plus le moindre vestige.

Nous terminons notre balade non sans une pensée émue pour Ambroise-Joseph et Arthur, nos deux inoubliables figures historiques.


Les plus gourmands s'attarderont encore à la Chapelle de verre, haut lieu de la crêpe artisanale, accompagnée bien sûr d'une bolée de cidre.



Rendez-vous le 1er juin à 9 heures pour une prochaine édition de cette balade, avec cette fois davantage d'oiseaux encore (les migrateurs seront parmi nous...).


Merci à Nadia et Thierry pour les photos.

jeudi 28 février 2008

Druide nature.02




Nous approchons du Bois des Rocs, salués par la chorale des chiens du quartier. Ces adorables canidés font assaut de férocité et chaque participant se surprend à réfléchir aux clauses de son assurance familiale.


Le groupe doit alors se laisser descendre vers le ruisseau du Bois de Fauquez qui a creusé une vallée bien encaissée. Certains qualifient cette pente de "descente aux enfers". Ils ne croient pas si bien dire....

Bordant notre chemin, un arbre porte une excroissance difficile à louper.






Le ruisseau du Bois de Fauquez, qui prend sa source dans le Bois ... de Fauquez.



Le Gouet tacheté, quoique non encore fleuri, est une des plantes les plus abondantes en cette saison.


Notons que certains plants de Gouet tacheté, à l'instar d'une minorité d'Irlandais qui refusent obstinément d'arborer la moindre tache de rousseur, sont totalement dépourvus de tache.





Une des particularités du Bois des Rocs est la présence de la mystérieuse Table aux sorcières, mégalithe dont l'origine reste controversée : meule abandonnée ou table servant aux rites druidiques ?

Notre attention est attirée par la présence sur la table d'un pain encore frais entouré de quelques bougies, preuve irréfutable de la survivance d'un culte druidique à Fauquez en plein 21 ème siècle.






Avouons que tout cela est bien étrange mais somme toute bon enfant : tant qu'il ne s'agit que de sacrifier un pain....


La balade se poursuit sous les éclats de rire du Pic vert, qui semble beaucoup s'amuser de la stupéfaction de ces naturalistes dominicaux.



Parmi les premières floraisons, celle de la Ficaire fausse-renoncule, petite renonculacée annonciatrice du printemps.


Nous nous trouvons ici en présence de formations rocheuses extrêmement rares en Belgique.

Les roches superficielles, constituées de limon éolien déposé au quaternaire sur les sables bruxelliens d'origine tertiaire, ont été érodées par le ruisseau, laissant place au socle primaire beaucoup plus ancien. Ce socle primaire s'est formé voici environ 500 millions d'années (au CAMBRIEN).

Il s'agit de roches dures (schistes, quartzites, phyllades) qui constituent l'anticlynal du Brabant.

Ces roches ont été plissées à deux reprises, lors des plissements calédonien (350 millions d'années) et hercynien. Toutes ces poussées se sont accompagnées de manifestations volcaniques dont nous apercevons ici les témoins.

Les roches qui émergent sont donc d'origine magmatique, contrairement à toutes les autres formations présentes en Belgique qui proviennent de sédiments.

Ce sont des roches appelées porphyroïdes, extrêmement dures, qui résultent de la solidification des laves amenées par une cheminée volcanique. La solidité de ces roches explique qu'elles aient résisté à l'érosion.


Ici, le ruisseau du Bois de Fauquez, affluent de la Sennette, a provoqué une intense érosion qui a dégagé le socle primaire dans lequel sont imbriquées ces roches éruptives qui ont pris des formes étonnantes.

Notons qu'à quelques kilomètres d'ici, à QUENAST, on exploite une roche assez semblable pour extraire et fabriquer des pavés.






mardi 26 février 2008

Druide nature

Voici un compte-rendu de l'excursion que j'ai guidée ce dimanche 24/2 à FAUQUEZ, fief des célèbres verreries d'Arthur Brancart.



A 9 heures 30', une vingtaine de naturalistes motivés étaient au départ, devant la statue d'Arthur. Balade marquée du sceau de la convivialité. Belle humeur et météo clémente. Mais que demande le peuple?



Les habitués de ce blog ont déjà fait connaissance avec ce modeste hameau. Pour les autres, situons Fauquez. Ce bourg fait partie de la commune d'ITTRE, dans la Province du Brabant wallon, mais aux confins du Hainaut.


Sur le plan géologique, nous nous trouvons sur le bas-plateau sablo-limoneux brabançon.






Au Moyen-âge, Fauquez était une seigneurie, au même titre qu'Ittre.

Parmi les personnages importantissimes dont je m'en voudrais de ne pas vous toucher un mot, l'histoire a retenu le nom d'Ambroise-Joseph de Herzelles, marquis de Fauquez, nommé par l'impératrice Marie-Thérèse Surintendant et Directeur général des Finances et Domaines des Pays-Bas.

Les futurs parents qui chercheraient un prénom pour leur descendance seraient bien inspirés d'envisager de baptiser leur fils Ambroise-Joseph, un petit nom élégant qu'il conviendrait de sortir de l'oubli relatif dans lequel les siècles écoulés l'ont plongé.

Bref, l'essor de notre bourg de Fauquez n'a véritablement décollé qu'avec la création en 1901 de la S.A. des Verreries de Fauquez. Au départ déficitaire, la société fit appel à Arthur Brancart qui allait redresser l'entreprise.

En 1919, il invente la "marbrite" , sorte de verre opacifié, ressemblant au marbre. Ce matériau allait connaître un grand succès, notamment dans le style "art déco" très en vogue entre les deux guerres.

L'entreprise a occupé jusqu'à 3 000 ouvriers.

Arthur Brancart faisait partie de la catégorie des chefs d'entreprise paternalistes. Il voulait que les travailleurs trouvent tout sur leur lieu de travail.

Chaque ouvrier avait à sa disposition une maison pour sa famille avec jardin, eau et électricité.

Brancart fit construire sur le site :

  • une école
  • un dispensaire
  • une gare
  • une salle des fêtes où avaient lieu des séances de cinéma

  • plusieurs quartiers de maisons ouvrières

  • une chapelle

  • des magasins, ....
Le dispensaire (enfin ce qu'il en reste...) où l'on prodiguait les premiers soins aux blessés ou malades


La salle des fêtes, dont il ne reste plus que la façade en ruine et son enseigne paternaliste (les lettres sont en marbrite)


Curiosité toute naturaliste

L'entreprise finit malheureusement par décliner, suite à l'évolution du marché et au fait que le procédé de fabrication de la marbrite fut copié. Arthur est décédé en 1934 et l'usine fut reprise par ses enfants mais elle dut fermer définitivement ses portes en 1981.


La chapelle dédiée à Sainte-Lutgarde, aujourd'hui transformée en (excellente) crêperie sous l'appellation de "Chapelle de verre". Cela suscite manifestement l'intérêt des participants mais il n'est pas encore 10 heures du matin et notre promenade ne fait que commencer.


En route vers le Bois des rocs : vous comprendrez bientôt pourquoi ce billet s'intitule "Druide nature".

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