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mercredi 13 mai 2009

Hommage à Pierre Belon, inventeur du Tadorne

Revenons un court instant, si vous le voulez bien, sur notre anatidé préféré observé le jour de la fête du Travail.

La question pleine d'humour et de malice d'Ulysse ("le Tadorne mange-t-il des belons?") m'offre l'occasion de dire un mot sur le régime alimentaire de notre canard bariolé. Le Tadorne se nourrit de crustacés, mollusques, vers marins, le tout agrémenté d'insectes, de larves, d'algues et de plantes aquatiques. Ce n'est pas moi que le dit, c'est Géroudet qui l'écrit.

L'animal est donc assez éclectique dans ses préférences gastronomiques mais il certain qu'il ne dédaigne pas les mollusques aquatiques, les moules et autres coques et qu'il peut s'avérer sensible à l'appel du buccin.

Alors, pourquoi, dans les grandes ou petites occasions, ne savourerait-il pas une douzaine de plates qui, ayant échappé à la surveillance d'un ostréiculteur distrait, viendraient à se présenter à hauteur de caroncule? On chuchote même que notre Tadorne ne dédaignerait pas le Muscadet-sur-lie, mais je dois admettre que Géroudet est muet à ce sujet.

S'il faut en croire des sources généralement dignes de foi, l'appellation (contrôlée) de l'huître "belon" (où est passé l'accent aigu?) est liée à la dénomination d'un petit fleuve côtier breton : le Bélon, qui baigne la célèbre localité de Riec-sur-Belon (il serait logique d'écrire "sur-Bélon").

Comme nous savons que le Tadorne affectionne les eaux saumâtres et les sites côtiers, il ne serait pas invraisemblable de soutenir que ce canard a été baptisé du nom d'un cours d'eau dont il fréquenterait l'estuaire.

Hypothèse séduisante, mêlant gastronomie et ornithologie, les deux mammelles du bien-vivre, mais hélas inexacte puisque Tadorna tadorna doit son nom français au naturaliste Pierre Belon, auteur en 1555 de l'inoubliable "Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel".

Belon était un de ces grands esprits de la Renaissance, zoologiste et botaniste, qui fut un des premiers à décrire l'espèce de manière plus ou moins précise, avant que Linné ne l'incorpore dans sa classification. L'oeuvre de Belon est aujourd'hui largement méconnue et on n'en parlerait plus guère si les ornithologues francophones n'avaient maintenu la référence à son nom plutôt que d'appeler simplement ce canard Sheld-Duck comme nos collègues anglophones.


Quant à Belon, on dit qu'il mourut assassiné lors d'une traversée du Bois de Boulogne, déjà périlleuse à cette époque. L'histoire ne dit pas quel oiseau il y poursuivait.

mardi 7 avril 2009

Mésange à longue queue Aegithalos caudatus

Comme vous avez semblé apprécier, je vous propose quelques autres photos de Mésange à longue queue ( Long-tailed Tit ).


Comme vous le savez peut-être, ce petit insectivore remuant n'est pas une mésange d'un point de vue taxonomique.

Les "vraies" mésanges (comme la charbonnière, la mésange huppée, la mésange noire, etc...) appartiennent à la famille des Paridés, tandis que celle-ci fait partie des Aegithalidés, dont elle est le seul représentant en Europe.

Les Aegithalidés ne nichent pas dans des cavités comme les vraies mésanges, mais construisent leur nid sur un arbre ou dans un buisson.

Le bec de la Mésange à longue queue est très court et assez épais. Sa queue est bien sûr longue et les sons qu'elle émet permettent de la distinguer aussitôt, notamment son fameux "tssrr...".


Ajoutons à cela qu'elles ont un comportement très sociable vu qu'elles passent la majorité de leur vie à pérégriner en troupes en gardant toujours un contact vocal entre elles.


L'espèce est considérée comme peu territoriale. L'hiver, elles passent la nuit en se blottissant l'une contre l'autre.



Il existe deux sous-espèces principales en Europe : la sous-espèce nordique caudatus , caractérisée par sa tête toute blanche et la sous-espèce europaeus, présente en Europe centrale, qui est représentée sur les photos. La race Europaeus a comme principale caractéristique son bandeau noir au-dessus de l'oeil.

dimanche 7 décembre 2008

La rivière au cincle

Faut être complètement cinclé pour se balader un samedi matin par un froid de canard sous les averses de neige, à contempler un Rougegorge ou un Troglodyte même mignon.

Sauf que, aujourd'hui, les dieux de l'ornithologie (qui sont-ils ? j'attends toujours la réponse à cette angoissante question, cher et érudit lecteur ) semblent être à nos côtés.
Car la silhouette entraperçue à la fin du billet précédent (voir fin du précédent billet ) se révèle bien être celle du Cincle plongeur Cinclus cinclus, agité de moultes courbettes posé sur une pierre au milieu du courant rapide.



Cet extraordinaire passereau aquatique est le seul représentant dans notre avifaune de la famille des CINCLIDAE.
Sédentaire, il passe toute son existence au bord de l'eau, sur les rivières rapides et non polluées où il prélève sa nourriture. Essentiellement composée de larves et d'insectes aquatiques : phryganes, éphémères,...

Nous avons eu la chance d'observer son comportement pendant une bonne heure à la longue-vue.
La technique de chasse est spectaculaire : après avoir plongé, il marche sur le lit de la rivière contre le courant tout en capturant ses proies. Son anatomie s'est adaptée à ce mode de vie particulier : c'est ainsi que, contrairement aux autres oiseaux, il possède de nombreux os pleins et qu'il a la possibilité d'obturer ses trous auditifs au moyen d'un repli de la peau.

C'est réellement un animal très spécial, qui ne ressemble à aucun autre oiseau : même si on l'a surnommé "merle d'eau", il n'a rien de commun avec le merle, même à plastron.

Je me souviens voici quelques années d'avoir pu observer la nidification du Cincle plongeur lors de vacances dans l'est de la France. Le nid avait été construit derrière une cascade, que les parents franchissaient allègrement à chaque fois qu'ils ramenaient la nourriture destinée aux jeunes.

L'observation de cette espèce justifie à elle seule l'effort de se lever dès potron minet par une froide matinée d'hiver.
Reprenant notre chemin, nous contemplons quelques belles fougères.



Si vous le voulez bien , je terminerai ce post par quelques photos du château de MODAVE qui surplombe joliment la vallée du HOYOUX.


Le site du château abrite le CRIE de Modave, dont beaucoup d'activités de sensibilisation ont comme thèmes la pomme et les vergers qui entourent le château.

lundi 27 octobre 2008

Aimerions-nous l'émerillon?

A la lecture des commentaires relatifs au post précédent, j'ai senti que plusieurs d'entre vous avaient vibré à la simple évocation de l'observation du Faucon émerillon Falco columbarius, Merlin pour les intimes et les anglophones.

On ne sait pas toujours expliquer pourquoi certains oiseaux ont un côté un peu mythique. La rareté, la beauté, la spécificité du comportement font que l'animal fascine là où la pie lasse, sauf si elle est grièche bien entendu.

Je suis navré de ne pouvoir vous présenter une photo de mon cru mais capter un cliché d'une apparition furtive d'un Faucon émerillon lancé à toute allure sur son trajet migratoire n'est pas dans mes cordes.

Heureusement, d'autres s'en sortent bien mieux que moi. Voici par exemple un lien qui vous permet de découvrir la silhouette de ce petit rapace :

http://www.flickr.com/photos/79109963@N00/tags/faucon/

C'est d'ailleurs le plus petit des faucons. Plus petit encore que le hobereau avec lequel on peut parfois le confondre. Le mâle est de la taille d'une grosse grive.

Le Faucon émerillon se reproduit en Scandinavie, en Islande, en Russie et dans les pays baltes. Il y a aussi une population sédentaire en Angleterre et en Irlande. Lorsqu'on l'aperçoit dans nos contrées, c'est en migration (surtout en Belgique) ou en hivernage.

Il se nourrit principalement de petits oiseaux et, accessoirement de micro-mammifères (lemmings) et d'insectes. Faute de grives....Ce sont surtout les passereaux et les limicoles (pluviers) qui constituent ses victimes favorites.

En migration, il suit les populations de passereaux dans leurs déplacements en terrain découvert : alouettes, pipits, étourneaux, traquets, fringilles,...Géroudet nous explique qu'il dévore d'abord la tête, puis plume et arrache la peau mais dédaigne les pattes et les ailes.

La première fois que j'ai eu l'occasion de voir cette espèce, c'était au Lac du der : un splendide mâle observé très longtemps qui poursuivait des Alouettes des champs de son vol vif. Le mâle adulte est reconnaissable au dessus gris-bleu et à sa poitrine orangée.

Un rapace fascinant : si vous avez eu l'occasion de le rencontrer, n'hésitez pas à témoigner en laissant un commentaire.

Une référence : "Les rapaces d'Europe" de Paul Géroudet (Delachaux et Niestlé).

mardi 21 octobre 2008

Haut lieu

Ce samedi, excursion ornitho au départ d'Angre, dans le Parc naturel des Hauts-Pays, à un jet de pierre du Caillou-qui-bique, petit coin romantique qui inspira légendes et chansonnette.



Vu des hauteurs où fut bâtie la chapelle Saint-Roch, le village rural, aux maisons blotties autour de son clocher, a conservé un cachet très avenant.

Quant aux observations réalisées pendant cette séance de terrain, guidée par Jean-François, elles furent particulièrement diversifiées.


L'excursion, qui se déroulait en grande partie sur une ligne de crête, fut propice à l'observation des migrateurs actifs : Pigeons ramiers par milliers, Pipits farlouses, Linottes mélodieuses, Vanneaux huppés, Bruants jaunes, Bergeronnettes grises, Alouettes des champs, Grands cormorans, Pinsons des arbres pour ne citer que les plus nombreux.


Très présentes également dans les haies d'aubépine, les grives : draine, mauvis et musicienne. Pas encore de litorne, semble-t-il.


Dans les champs, nous eûmes l'occasion d'apercevoir quelques belles familles de Perdrix grises. Une belle surprise fut aussi l'observation prolongée d'un Tarier pâtre mâle.


Rayon rapaces, retenons l'Epervier d'Europe, le Busard-Saint-Martin et, belle récompense de fin d'excursion, un Faucon émerillon (yes!) en migration.




La photographie n'était pas le premier but de l'excursion : tout accaparé par l'observation, je n'ai ramené qu'une très maigre moisson de clichés, parmi lesquels ce Bruant jaune Emberiza citrinella, toujours sympa à admirer.



mardi 23 septembre 2008

Couleur pourpre

Nous avons déjà évoqué les marais d'Harchies dans ce blog.

Samedi, je participais à une excursion ornitho qui y était organisée dans le cadre de la formation du même nom.

Ce fut un véritable festival d'Ardéidés : nombreuses Grandes aigrettes et Aigrettes garzettes, Hérons cendrés aussi bien sûr.

Mais la cerise sur le gâteau, ce fut l'excellente observation, sous une belle lumière, d'un Héron pourpré Ardea Purpurea juvénile.

J'ai pris quelques photos, de qualité très moyenne mais qui constituent un beau souvenir, l'espèce étant quand même rarement observée en Belgique.

Attention, contrairement aux apparences, il ne s'agit pas du Héron garde-boeufs (qui, soit dit en passant, a niché cette année à Harchies pour la première fois).


A part ça, quelques autres belles espèces étaient présentes : Grèbe à cou noir, Râle d'eau, Martin pêcheur, Mésange boréale, Bouscarle de Cetti, Busard des roseaux et bien sûr de nombreux canards, dont ces chipeaux particulièrement sympathiques....ne trouvez-vous pas?







vendredi 16 mai 2008

Accenteur excentré

Désolé d'avoir laissé planer si longtemps un suspense qui commençait à devenir franchement insoutenable.


La portion d'oiseau présentée représentait bien un Accenteur mouchet Prunella modularis.

Certains d'entre-vous et non des moindres ont confondu avec un Rougequeue noir femelle ou immature. Compte tenu de la qualité de la photo, je peux quand même vous accorder de larges circonstances atténuantes.

Ce qui permettait à mon avis de trancher en faveur de l'Accenteur :
  • la tête et la poitrine de couleur grise (mais la photo était surexposée)

  • la position de l'oiseau (le Rougequeue se tient très droit)

  • la couleur des pattes (noires chez le Rougequeue)

  • le biotope (rarement vu un Rougequeue sur un arbre)

Pour comparaison, voici la photo d'un jeune Rougequeue noir :





Enfin, avant d'embrayer sur le compte-rendu du week-end en Lorraine, je vous propose une nouvelle espèce à identifier.

Cette photo a été prise au Grand-Duché de Luxembourg (je ne suis pas sûr que ce détail vous aidera beucoup, ce pays comptant à mon avis assez peu d'espèces endémiques).

La question n'est pas facile mais, cette fois-ci, la qualité de la photo n'est pas en cause. Notez que je fais ainsi mes débuts en digiscopie.

Bon week-end et bonnes recherches.


jeudi 17 avril 2008

Tourterelles de fenêtre

Pas de balade nature aujourd'hui mais plutôt un peu d'ornithologie urbaine.


Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant ces deux jeunes Tourterelles turques en regardant au travers d'une fenêtre de l'immeuble (en cours de rénovation) où je travaille, en plein centre de Charleroi.
La surprise était sans doute réciproque et mêlée d'inquiétude pour ces petits colombidés. Elles sont parfaitement en état de voler et ne doivent plus trop craindre pour leur sécurité.


Les parents ont nidifié sur le rebord de la fenêtre, à un endroit bien ensoleillé le matin.
Comme vous pouvez le voir sur les photos suivantes, le nid est fort rudimentaire et s'accommode d'un environnement façonné par l'homme.
Cette espèce (Streptopelia decaocto) a envahi nos régions dans les années 50 en provenance des Balkans. Selon certains ornithologues, il semble avéré qu'elle ne supportait pas le régime de Tito (hypothèse à confirmer).
Elle produit 4 couvées par an, de deux oeufs chacune. La démographie de nos tourterelles carolos est donc tout-à-fait normale.
L'adulte se caractérise par son demi-collier noir entouré d'une zone blanche, que vous remarquez sur la photo ci-dessous. Ce demi-collier est absent chez les juvéniles.

Il existe dans nos régions une autre tourterelle, la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) mais, celle-là, il m'étonnerait fort que je l'observe un jour à Charleroi.

dimanche 9 mars 2008

Druide nature.04

Bravo à ceux qui ont trouvé qu'il s'agissait de l'Anémone sylvie Anemone nemorosa, petite renonculacée fleurissant au début du printemps dans les bois, avant que la pousse des feuilles n'empêche la lumière de pénétrer le sous-bois.


Avouons que de plus près et avec les fleurs c'est nettement plus facile à identifier.


A la réflexion, il y avait moyen de confondre avec le feuillage d'une apiacée (ex-ombellifère) comme le Cerfeuil sauvage.

Pour terminer avec cette balade à Fauquez, voici la liste des espèces d'oiseaux observées (31 espèces) :

  • Canard colvert
  • Grand Cormoran
  • Héron cendré
  • Buse variable
  • Pigeon ramier
  • Tourterelle turque
  • Pic vert
  • Pic épeiche
  • Alouette des champs
  • Mésange à longue queue
  • Merle noir
  • Grive musicienne
  • Rougegorge familier
  • Etourneau sansonnet
  • Mésange nonnette
  • Mésange bleue
  • Mésange charbonnière
  • Grimpereau des jardins

  • Sitelle torchepot
  • Troglodyte mignon
  • Geai des chênes
  • Pie bavarde
  • Choucas des tours
  • Corneille noire
  • Accenteur mouchet
  • Moineau domestique

  • Bergeronnette des ruisseaux

  • Bergeronnette grise

  • Pinson des arbres

  • Tarin des aulnes
  • Bruant jaune

Aucune rareté (ce n'était pas le but...), mais quelques espèces sympathiques à observer en début de saison.

samedi 26 janvier 2008

Plongeons dans le Spuikom !

Suite de notre excursion au littoral belge.

Toujours à Ostende, nous avons dirigé nos pas (enfin, avouons-le, nos pneus...) vers le Spuikom, lac artificiel d’environ 80 hectares.


Le Spuikom est accessoirement un endroit connu des adeptes de sports nautiques et où, de surcroît, on élève des huîtres.
En hiver, c'est en tout cas un lieu favorable à l'observation des oiseaux hivernants.


Parmi les espèces intéressantes vues le 12 janvier, citons :
  • Plongeon imbrin - Gavia immer (Ijsduiker / Common Loon) juvénile
  • Harle huppé - Mergus serrator (Middelste Zaagbek / Red-breasted Merganser)

  • Garrot à oeil d'or - Bucephala clangula (Brilduiker / Common Goldeneye) au moins 10

  • Erismature rousse - Oxyura jamaicensis ( Rosse Stekelstaart / Ruddy Duck)
    A propos de cette espèce, précisons qu'il s'agit d'un canard américain introduit en Europe et qui a une fâcheuse tendance, non seulement à étendre sa zone de présence, mais surtout à s'hybrider avec l'Erismature à tête blanche Oxyura leucocephala, rare espèce européenne présente sur un nombre limité de sites en Espagne.

  • Chevalier gambette - Tringa totanus ( Tureluur / Common Redshank)
    Un groupe assez important, accompagné de l'inévitable Tournepierre à collier.

Si vous voulez en savoir plus sur les oiseaux dans la région d'Ostende, je vous conseille la visite du site de Roland François . C'est écrit en néerlandais mais c'est illustré de très bonnes photos (vous y verrez la plupart des espèces évoquées dans ce billet).
Vous y verrez aussi des photos du Goéland bourgmestre (Grote Burgemeester en néerlandais), que les Ostendais appellent familièrement "Jean".

Après le Spuikom, nous nous sommes dirigés vers les polders d'Uitkerke, à la recherche des oies hivernantes.

La visite de cette belle réserve naturelle fera l'objet de mon prochain billet.

Bon week-end.

mardi 22 janvier 2008

Ostende sans bourgmestre

Comme annoncé, voici le récit de la première partie de la sortie ornitho du 12 janvier au littoral belge, guidée par Hugues.


Nous avons commencé la journée à Ostende, du côté du marché aux poissons, à la recherche notamment du Goéland bourgmestre qui y hiverne depuis une bonne dizaine d'années.


Déception : l'oiseau n'était pas présent. Selon un naturaliste autochtone, il n'avait plus été vu à Ostende depuis le 3 janvier.


Il fallut donc se rabattre, en matière de Laridés, sur des espèces plus communes qu'on ne voit quand même pas tous les jours à l'intérieur des terres, comme ce Goéland marin Larus marinus (Grote Mantelmeeuw / Great Black-backed gull).





Voici une belle brochette de Goélands argentés Larus argentatus ( Zilvermeeuw / European Herring Gull) d'âges divers. D'hivers divers devrais-je dire.



Remarquez les pattes roses chez tous les spécimens.




Les deux adultes au centre sont reconnaissables à leur bec jaune orné d'une tache rouge; ils ont la tête blanche striée caractéristique du plumage internuptial.


Les deux individus plus sombres sont des gamins de premier hiver. A l'extrême gauche du portrait de famille, un goéland de troisième (de quatrième ?) hiver.

Voyons cela d'un peu plus près. Il a presque le plumage de l'adulte mais il lui reste quelques traces d'immaturité. L'oeil est clair. Le bec n'arbore pas encore la tache rouge orangé typique de l'âge adulte.





Omniprésent aussi à Ostende, le Tournepierre à collier - Arenaria interpres (Steenloper / Ruddy Turnstone).






Sur la photo ci-dessus, un groupe de tournepierres à quelques mètres d'ornithos en activité, dans une parfaite indifférence mutuelle.

Une Nette rousse Netta rurufina femelle nage dans les bassins.



Nous remontons alors la jetée, apercevant au passage un Harle bièvre - Mergus merganser qui semble épuisé.




Ici aussi, les tournepierres s'affairent.




D'autres limicoles seront observés : Bécasseau sanderling - Calidris alba et Bécasseau violet - Calidris maritima.




Sans oublier un hôte beaucoup plus commun de notre littoral, mais dont l'observation est toujours un vrai plaisir : l'Huîtrier pie - Haematopus ostralegus ( Afrikaanse Zwarte Scholekster / Eurasian Oystercatcher).







Tout cela sous le soleil .... et le regard de Ruddy le Tournepierre .








samedi 19 janvier 2008

Corrections

Voici enfin le moment, attendu par certains, redouté par d'autres, où nous dévoilons les solutions de notre jeu-concours.

Merci à tous ceux qui ont participé et toutes mes félicitations à celles et ceux qui ont trouvé les bonnes réponses.

Première constatation : lors d'une prochaine session, il ne serait pas inutile de créer, comme certains l'ont proposé, une catégorie "nuls" et/ou une catégorie "cancres".

Place aux réponses.



Question 1 - niveau "Débutant"

C'était bien sûr la Gallinule poule-d'eau Gallinula chloropus (Waterhoentje / Common Moorhen).

Il n'y avait pas de piège. Il s'agit d'un individu adulte, photographié d'un peu loin sans doute mais il faut quand même un minimum de difficulté, n'est-ce pas?
Du reste, tout le monde a trouvé, sauf Jean-Loup dont les résultats sont extrêmement décevants et qui devra faire un énorme effort au second semestre s'il veut réussir son année.

J'envisage d'ailleurs de convoquer ses parents.

Quant à Jaime, je me vois dans l'obligation de lui retirer un point car il a copié sur son voisin.
Je sais que la sanction est lourde mais vous comprendrez qu'à ce niveau de compétition je dois me montrer intransigeant.


Question 2 - niveau "Moyen"



Encore un Fuligule, que plusieurs ont reconnu : Fuligule milouinan - Aythya marila (Topper / Greater Scaup).

Une femelle adulte bien reconnaissable à la large tache très blanche entourant la base du bec. Le mâle ressemble un peu au morillon, la huppe en moins et sans le dos noir.
Un canard peu commun, avouons-le, qu'on peut observer le long de nos côtes d'Europe nord-occidentales en hivernage.

A l'état sauvage, je ne l'ai jusqu'à présent vu qu'en Zélande (Nanou a donc pas mal de chance de le rencontrer un jour) car, pour répondre à la question de Wolf, l'individu photographié était présent à l'entrée du Parc du Marquenterre (Baie de Somme) et n'est donc pas sauvage.

Ce n'était pas facile : bravo à ceux qui ont identifié l'espèce.

Question 3 - niveau "Expert"

Curieusement, plusieurs d'entre-vous ont trouvé cette question plus facile que la deuxième. Il est vrai que la difficulté provenait surtout de la position de l'animal, qui tourne ostensiblement le dos à l'appareil.

La couleur brun orangé du plumage a aidé ceux qui ont reconnu le Tadorne casarca - Tadorna ferruginea ( Roode casarca /Ruddy Shelduck ). Mâle adulte.

C'est aussi une espèce plus exotique, qui se reproduit dans le sud de la Russie, en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce, en Mongolie,....
Les individus observés chez nous (Belgique, France, Pays-Bas,...) sont la plupart du temps des échappés de captivité. Le guide ornitho signale toutefois des années où l'espèce fait des invasions vers l'ouest.

Pour ceux qui ont hésité avec l'Ouette d'Egypte :



Bon week-end.

mardi 15 janvier 2008

Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?

Comme convenu et vu les discussions intéressantes suscitées par la recherche de notre pochard ferrugineux (comme disent nos amis anglais), voici une nouvelle épreuve de recherche de l'oiseau-mystère.

Mais cette fois-ci, la maison "gem-naturoblog" ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire sa nombreuse et savante clientèle : ce n'est pas une , ni deux mais TROIS photos que je propose à votre sagacité que je sais considérable.

Cependant, pour permettre à tout le monde de vraiment jouer quelque soit son niveau (vous avez compris depuis longtemps que ce blog n'est pas destiné aux ornithologues de haut vol, bien que ceux-ci puissent néanmoins continuer à le fréquenter ), chacune des photos correspond à un niveau d'expérience ou de connaissance : débutant, moyen ou expert.

Avant de répondre, je vous demande donc de vous auto-évaluer et de répondre à la question qui correspond à votre niveau. Bien sûr, si vous êtes débutant, vous pouvez tenter d'identifier la photo réservée aux experts - mais le contraire n'est certainement pas recommandable sous peine d'ôter immédiatement tout intérêt au jeu.


Merci de respecter ces consignes : ne m'obligez pas à sévir....

Mais, me direz-vous, quand est-on débutant, moyen ou expert ? Impossible de répondre définitivement avec précision. Si vous identifiez facilement 100 espèce d'oiseaux, vous n'appartenez sûrement pas à la catégorie "débutants" au sens de ce jeu.


Bon, maintenant passons aux photos. Comme lors de la première édition, je vous conseille de ne pas simplement citer l'espèce. Expliquez pourquoi vous pensez à cet oiseau et, si vous le pouvez, tentez de déterminer s'il s'agit d'un adulte, quel est son sexe, son plumage,etc....


PHOTO 1 : niveau "DEBUTANTS"






PHOTO 2 : niveau "MOYENS"



PHOTO 3 : niveau "EXPERTS"


Bon amusement.

dimanche 13 janvier 2008

Fuligule nyroca / Witoogeend / Ferruginous Pochard


Aythya nyroca !

Merci à tous ceux qui ont participé à ce petit divertissement et bravo à ceux qui ont reconnu le Fuligule nyroca mâle adulte caractérisé en effet par son oeil blanc bien visible sur la photo. Le plumage châtain foncé est une autre caractéristique de l'animal. Le bec du mâle est gris foncé à nuance bleutée avec une petite pointe noire sur le bout (onglet).

On voit sur la photo ci-dessus qu'il porte un petit collier noir à la base du cou.
Un très beau canard plongeur qui fait partie du genre Aythya comme les autres fuligules qui nous sont mieux connus (milouin et morillon surtout).
Les fuligules sont notamment reconnaissables à leur calotte bombée qui leur donne une silhouette typique même par faible visibilité.

Le Fuligule nyroca ne niche pas en Europe nord-occidentale : il se reproduit au sud-est du continent et en Asie (Ukraine, Turquie, Delta du Danube, Russie, Kazakhstan, Roumanie, Hongrie,...). Il existe une petite population nicheuse dans le sud de l'Espagne.
En hiver, c'est un hôte très rare en France, Belgique et Suisse (Géroudet en observait quelques individus sur le Lac Léman, mêlés à des Milouins).
Toutes ces données valent pour les populations sauvages car il existe aussi des nyrocas "domestiqués" (dans des parcs) ou échappés de captivité.

J'espère que ce test vous a plu. La question était-elle difficile?
J'aurais pu être plus vache et vous montrer ceci :

Avouez que sans l'iris blanc, c'est déjà un peu plus délicat ....

Je suis conscient que pour les débutants il n'est pas évident de savoir tout simplement qu'il existe une espèce de canard qui s'appelle Fuligule nyroca. C'est pourquoi la prochaine fois j'ai l'intention de proposer deux photos : une pour "débutant" et une autre pour "ornithos plus ou moins confirmés".

Je vous parlerai aussi bientôt de la sortie de ce samedi au littoral belge (sous un soleil radieux !) et, bien sûr, nous poursuivrons nos petites promenades brabançonnes.

A très bientôt, donc.

mercredi 9 janvier 2008

Testons-nous les uns les autres

J'ai envie de vous proposer aujourd'hui et les jours suivants un petit jeu qui consiste simplement à essayer d'identifier l'espèce représentée sur la photo.

Commençons par quelque chose de relativement facile (quoique...).


Alors, quel est cet oiseau (je suis trop bon, je vous mets déjà sur la voie...) ? Essayez de ne pas vous contenter de trouver l'espèce, mais dites pourquoi vous pensez que c'est celle-là.
SURTOUT : ne craignez pas de faire des erreurs...

mardi 18 décembre 2007

Ouettes sans oued

Retour, sous un froid quasi polaire, dans notre campagne brabançonne-wallonne pour une petite escapade cyclo-naturaliste.

L'omni-présence d'espèces exotiques devient un thème presque récurrent de ce blog.

Aujourd'hui, à quelques mètres de la piste cyclable, dans un champ humide, j'aperçois quelques volatiles de belle taille immobiles et qui semblent consacrer l'essentiel de leur énergie à lutter contre le vent glacial.


Je leur conseillerais bien la pratique de la bicyclette mais elles ne semblent pas comprendre la langue française.




Et pour cause : ces superbes oiseaux proviennent d'Afrique. Il s'agit bien sûr d'Ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiacus), qu'on appellait autrefois Oie d'Egypte ou du Nil (Egyptian Goose en anglais).

Les voici bien loin des pyramides : en guise de substitution, nous n'avons guère à leur proposer que le lion de Waterloo, dont les rugissements sèment l'épouvante d'un bout à l'autre de la morne plaine chantée par Victor.






Cette espèce (l'ouette, pas le lion !) a été domestiquée très tôt par l'homme, déjà dans l'Egypte antique. Elle a été introduite en Angleterre au 18ème siècle et s'est propagée dans ce pays où elle se reproduit en liberté. Plus récemment, elle s'est mise à former des populations naturalisées aux Pays-Bas et en Belgique, où elle niche depuis 1982. Il semble qu'elle se soit aussi installée en France et en Allemagne, mais en nombre jusqu'à présent plus réduit.







L'Ouette d'Egypte vit la plupart du temps au voisinage des pièces d'eau (comme le montre la photo ci-dessus prise à un autre endroit), ou dans les prairies et souvent, du moins dans notre région, dans les champs récoltés.
L'adulte se caractérise notamment par une grande tache sombre autour de l'oeil, un collier brun, et des couvertures alaires blanches très visibles sur les photos.


Les longues pattes et le bec sont roses.


Dans la photo précédente, l'individu de droite est un juvénile en cours d'évolution vers le plumage adulte : il ne possède pas encore la tache autour de l'oeil.



Sur le plan de la classification, l'Ouette d'Egypte appartient à la famille des Anatidae. Elle est assez proche des tadornes, notamment du Tadorne casarca, avec lequel on pourrait être tenté de la confondre en vol.









Comme nous sommes partis, il ne m'étonnerait pas qu'il soit un jour question de ce tadorne "semi-exotique" dans ce blog.


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Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.