Naturoblog
Mon biotope...
Observation des oiseaux. Récits et photos de balades nature.

dimanche 25 mai 2008

Serin à l'antenne

Revenons un peu, si vous le voulez bien, sur le week-end passé (cela fait déjà deux semaines !) en Lorraine sur le site de l'étang de Lindre. Créé au Moyen Age pour développer la pisciculture en raison des nombreuses restrictions religieuses à la consommation de viande, cet étang s'étend sur 620 ha.

L'ensemble du domaine comporte 930 ha, dont 830 ha répartis en 12 étangs. Le site fait partie du Parc naturel régional de Lorraine.



Un programme de réintroduction de la Cigogne blanche Ciconia ciconia a été mis en place depuis 1976. Quelques couples ont été élevés en volière et leur descendance maintenue en captivité. Après trois années, ces cigognes perdent leur instinct migratoire et échappent ainsi aux périls de la migration.
Une population de cigognes sédentaires s'est ainsi constituée sur le site, ce qui a attiré des cigognes migratrices.

Actuellement, les cigognes de l'étang de Lindre forment une population mixte, qui comporte des animaux sédentaires et sauvages. Les jeunes de l'élevage sont relâchés dès la première année après avoir bien évidemment été bagués entre 5 et 6 semaines.

C'est un peu bizarre d'observer ces grands voiliers et de se dire que certains d'entre-eux sont bien des oiseaux sauvages, tandis que d'autres ont été privés, certes dans un but louable, de leur faculté de voyager.


Autre oiseau dont la présence est remarquable : le Serin cini Serinus serinus. Cherchez ce minuscule fringillidé sur les antennes de télévision où il passe le plus clair de son temps. Son chant aigu est fait de gazouillis typiques et harmonieux.


Peut-être l'implantation de la télédistribution est-il à l'origine de sa raréfaction dans les zones massivement câblées ?
Et avec les paraboles, comment se percher pour émettre ses vocalises ?


Encore une belle espèce bien présente ici : la Pie-grièche écorcheur Lanius collurio, dont le mâle arbore un bandeau noir si caractéristique.

Le soleil se couche sur la région des étangs, sans que nous ayons pu entendre le Râle des genêts.

lundi 19 mai 2008

Les potins de la phragmitaie : Acrocephalus impudique

Un grand bravo à Michel qui a trouvé d'emblée notre oiseau-mystère et à Nanou, qui n'en était pas loin.

Il fallait effectivement chercher du côté des Rousserolles. Vu l'habitat, il était "logique" de penser à la Rousserolle effarvatte et d'écarter la verderolle (quoique...). Mais c'est finalement bien une Rousserolle turdoïde Acrocephalus arundinaceus.


Plus grande que la Rousserolle effarvatte mais faute d'avoir les deux espèces côte à côte, c'est quand même un critère délicat. Le chant de la turdoïde est plus puissant, ce qui n'apparaît pas non plus sur la photo.

Un des critères visuels les plus évidents pour distinguer les deux rousserolles est la forme du bec : fin chez l'effarvatte, plus gros chez la turdoïde (comme celui d'une grive, d'où son nom sans doute).

La Rousserolle turdoïde recherche les phragmitaies inondées. C'est une espèce en déclin prononcé : elle n'est d'ailleurs plus observable en Belgique.



Ces photos ont été prises dans la réserve naturelle Haff Réimech à Remerschen au Grand-Duché du Luxembourg (zone humide très intéressante à visiter). L'observation était magnifique : oiseau chantant, bien en évidence, en plein soleil pendant toute la durée de notre présence.
Merci, l'Acrocephalus...

Jadis, il était de bon ton de traverser le Luxembourg pour faire le plein d'essence. Aujourd'hui, visiter Remerschen est devenu un plaisir plus raffiné, si j'ose dire....


La direction finale était toutefois la Lorraine française, où nous séjournâmes trois jours dans la région bordant l'étang de Lindre, près de la petite ville de Dieuze.

Cette bourgade fait exception dans la toponymie locale car, normalement, tous les noms de patelins se terminent par "ange", comme le signalait déjà Bernard Lavilliers au début d'une carrière qui allait se révéler (trop?) longue.

L'intérêt de cette région pour l'ornitho est la présence de nombreux étangs, de prairies humides et de forêts ayant permis de conserver une biodiversité remarquable.


Parmi les oiseaux les plus abondants, la Bergeronnette printanière Motacilla flava, omniprésente surtout parmi les champs de colza.




Avouez que ces piquets de clôture ne manquent pas de charme.
Au rayon "rapaces", le Milan noir Milvus migrans est aussi très abondant. En voici un qui fait le flou à l'envol.

Aucun Milan royal, par contre...

Prochain épisode : de Charybde en Motacilla...

vendredi 16 mai 2008

Accenteur excentré

Désolé d'avoir laissé planer si longtemps un suspense qui commençait à devenir franchement insoutenable.


La portion d'oiseau présentée représentait bien un Accenteur mouchet Prunella modularis.

Certains d'entre-vous et non des moindres ont confondu avec un Rougequeue noir femelle ou immature. Compte tenu de la qualité de la photo, je peux quand même vous accorder de larges circonstances atténuantes.

Ce qui permettait à mon avis de trancher en faveur de l'Accenteur :
  • la tête et la poitrine de couleur grise (mais la photo était surexposée)

  • la position de l'oiseau (le Rougequeue se tient très droit)

  • la couleur des pattes (noires chez le Rougequeue)

  • le biotope (rarement vu un Rougequeue sur un arbre)

Pour comparaison, voici la photo d'un jeune Rougequeue noir :





Enfin, avant d'embrayer sur le compte-rendu du week-end en Lorraine, je vous propose une nouvelle espèce à identifier.

Cette photo a été prise au Grand-Duché de Luxembourg (je ne suis pas sûr que ce détail vous aidera beucoup, ce pays comptant à mon avis assez peu d'espèces endémiques).

La question n'est pas facile mais, cette fois-ci, la qualité de la photo n'est pas en cause. Notez que je fais ainsi mes débuts en digiscopie.

Bon week-end et bonnes recherches.


jeudi 8 mai 2008

Demi-portion

Cette photo au cadrage complétement raté me donne l'occasion de vous proposer un nouveau petit jeu :

QUELLE EST CETTE ESPECE ?


Ce serait trop facile si l'oiseau était entier. Par contre, là, avec cette demi-portion, c'est un peu plus sportif.

Je suis persuadé que vous allez quand même trouver facilement, doués comme vous êtes !...

J'attends vos propositions......



dimanche 4 mai 2008

Euphorbe épurge

Bravo !

Il s'agissait bien de Euphorbia lathyris, alias Euphorbe épurge (Kruisbladige wolfsmelk - ça ne s'invente pas, mon cher Wolf !).


Une euphorbe, certes : mais encore fallait-il trouver la bonne puisque, dans notre flore de Belgique on ne mentionne pas moins de 15 espèces dans le genre Euphorbia (je vous passe les sous-espèces, etc...).


L'Euphorbe épurge est une plante de grande taille (facilement un mètre au garrot), aux feuilles opposées. Elle n'appartient pas à notre flore d'origine, mais est cultivée dans les jardins à cause de sa réputation (apparemment surfaite) selon laquelle elle chasserait les taupes.


Elle s'est propagée dans des endroits incultes (bords des chemins, ballast des voies ferrées,...). La photo que vous voyez a été prise dans une friche industrielle. Signalons encore qu'elle affectionne les sols calcaires.
Voilà pour cette belle euphorbiacée.


Puisque la formule est amusante, je vous proposerai bientôt une autre espèce à identifier, mais cette fois dans le domaine "ornitho".


Bonne semaine à tous, après ce splendide week-end ensoleillé.

vendredi 2 mai 2008

Remue-méninge

Une petite "photo-mystère" pour nous occuper l'esprit au cours de ce long week-end.


Nous quittons pour une fois le monde des emplumés.

Voici une plante photographiée il y a un peu plus d'une semaine.

Qui peut mettre un nom (français, ou latin, ou les deux) sur ce végétal ?


Je précise que c'est une question en principe facile, qui ne comporte pas de piège cette fois...

J'attends vos réponses, bonnes ou mauvaises.....

jeudi 24 avril 2008

En compagnie du grand cendré


Pas bien loin de chez moi s'est constituée une petite colonie de Hérons cendrés qui nidifient bruyamment dans un bois de mélèzes.

La végétation a repris ses droits et il est devenu difficile d'observer les nids à cette saison.

Impossible donc de vous ramener des photos de la colonie sans déranger les oiseaux. J'ai quand même profité de ma balade pour enregistrer quelques clichés d'un adulte complaisant qui vaquait par là.





L'adulte se reconnaît surtout à son front blanc (alors que la calotte est grise chez le juvénile) et à son aigrette, bien visible sur certaines photos malgré leur qualité fort moyenne.
Le bec jaune orangé indique que l'animal est en période nuptiale. Enervé, quoi.